La Gazette de la grande ile

Jeux de mots… jeux de vilains

Publié le 31 octobre 2019

On connaît l’expression “Jeux de mains, jeux de vilains”, aujourd’hui et dans la pratique politique de l’actuel régime,  l’expression se transforme en “Jeux de mots” et finalement jeux de vilains aussi.  L’un des jeux de mots était relatif à la nomination des “gouverneurs” qui est juste un changement d’appellation avait défendu certains alors qu’il était évident qu’il s’agit d’un chef de région non élu et nommé de manière complètement illégale…mais le simple citoyen – tellement englué dans des difficultés du quotidien telles que pas d’eau,  pas d’électricité,  insécurité permanente – râle et revient à ses soucis du jour et du lendemain.

Un jeu de mots était de considérer toutes les personnes qui osent apporter des critiques,  qui ont l’esprit de critique d’ennemis de la Nation pour par la suite voir les responsables revenir à la table des négociations à recueillir a priori les avis des personnes concernées par les expropriations à Ambohitrimanjaka. Ces dernières ne sont finalement pas des ennemis de la Nation car des responsables au sein de la Présidence de la République ont estimé nécessaires  de les appeler – ces ennemis – pour discuter.  Se met-on à table avec l’ennemi ?en principe non sauf à l’empoisonner ou le poignarder dans le dos.  L’avenir nous dira si les personnes qui s’étaient insurgées contre le projet Tanamasoandro sont ou non des ennemis de la Nation et ce que ces rencontres de la main tendue vont donner. D’autres jeux de mots tout récent sont celui relatif à la “gratuité” de l’enseignement primaire.  L’article 28 alinéa 1er a) de la Convention relative aux Droits de l’enfant déclare que “Les Etats parties reconnaissent le droit de l’enfant à l’éducation,  et en particulier en vue d’assurer l’exercice de ce droit progressivement et sur la base de l’égalité des chances : a) Ils rendent l’enseignement primaire obligatoire et gratuit”, un texte plus que clair… sauf que lorsque le Président de la République a déclaré la gratuité,  la Ministre de l’éducation  nationale est vite venue “éclairer” en précisant que seuls les droits d’inscription sont gratuits mais que les cotisations des parents pour payer le salaire des enseignants sont maintenues.

Par conséquent,  des parents qui ont trois enfants doivent payer des frais, qui ne figurent nulle part dans cette convention relative aux droits de l’enfant, autrement leurs enfants ne pourront pas aller à l’école  pourtant obligatoire et qui finalement n’est pas gratuite. Encore heureux que les défenseurs de mauvaise foi ne nous sortent  pas que c’est l’enseignement qui est gratuit, mais pas l’école !

Claude Rakelé

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