La Gazette de la grande ile

Limogeage à défaut de démission

Publié le 02 novembre 2019

La nomination du ministre de l’énergie, de l’eau et des hydrocarbures a été abrogée lors du conseil des ministres du 30 octobre dernier.  Cela va-t-il changer beaucoup de choses? Combien de fois a-t-on changé le Directeur Général de la Jirama, ce n’est pas pour autant que le problème de délestage et le problème d’eau ont été résolus. Des infrastructures vétustes,  des solutions annoncées avec tam tam médiatique mais qui ne donnent rien de concret au final et la recherche de responsables chez les autres et jamais reconnaître ses failles à soi.  A cela, l’arrogance étant le maître mot de la majorité des détenteurs de pouvoirs actuellement et même de ceux d’avant, l’idée de démissionner,  de poser son tablier,  de reconnaître les limites de sa compétence est chose inimaginable pour eux. Jamais ils ne diront que le problème est structurel et qu’ils n’ont pas la solution et qu’ils devraient mieux écouter les techniciens qui ont de l’expérience.

Pour le cas du ministre de l’eau, de l’énergie et des hydrocarbures,  la faute était celle des pétroliers,  la faute était celle du DG de la Jirama, la faute était même celle des consommateurs qui se sont rués vers les stations-service alors “qu’il n’y avait pas de pénurie !”, bientôt la faute était celle des consommateurs. Mais ce n’est pas le seul et unique problème. Il est des départements ministériels où le simple citoyen attend des démissions, réclame des démissions et à défaut,  attend des limogeages mais qui ne sont pas venus. Celui du ministre de l’environnement avec l’état exécrable de l’air, de la pollution et de l’environnement à Madagascar.  On nous rétorquera que c’est la faute de la population,  mais il y a aussi des gens payés pour sanctionner, pour prendre des mesures… sauf que les forêts brûlent et que le ministère joue au pompier. Celui du ministère de l’enseignement supérieur avec la gestion catastrophique du Baccalauréat qui restera dans les annales comme étant le Baccalauréat cybercafé pour cause de fuites de sujets et maintenant des foyers de tension au niveau des enseignants chercheurs rarement traités sur le même pied d’égalité quand les fameuses heures supplémentaires dans les universités de province sont déjà payées et que celles de l’université d’Antananarivo accusent des retards de plusieurs mois, sans compter le manque de salles de cours avec cette image surréaliste qui est sortie dans les réseaux sociaux de cours donné en plein air parce que toutes les salles de cours étaient prises par les corrections du Baccalauréat 2ème session.

On ne passera pas non plus sous silence la dégradation de l’environnement, la pollution de l’air due certes en partie aussi aux citoyens mais avec des responsables des eaux et forêts qui restent dans des bureaux et qui ne prennent pas les sanctions adéquates quant aux feux de brousse, à la coupe de bois pour faire du charbon de bois. Bien sûr,  on peut ne pas attendre les gens du ministère de l’environnement et demander aux chefs fokontany en tant qu’autorité de proximité de prendre des mesures mais la responsabilité du ministère et du ministre de l’environnement n’est pas du tout à exclure. Et la liste est longue, de manière générale,  il s’agit de ceux qui ne veulent entendre nulle autre voix que la leur et qui trouve satisfaction à entendre les félons au point de ne pas se rendre compte de leur incompétence et de leur arrogance!

Ce limogeage doit être suivi par d’autres qui auraient mérité d’être limogés avant même celui de l’énergie,  de l’eau et des hydrocarbures au point que parfois c’est le Président de la République lui-même qui se voit descendre sur le terrain résoudre des problèmes que normalement les ministres sont censés résoudre.

D.R.

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