La Gazette de la grande ile

Accident de scooter : Au moins 2 par jour sont recensés

Publié le 08 novembre 2019

A l’Hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona , on recense au moins 2 cas d’accident de scooter tous les jours. Des fractures, des blessures graves et même des cas de décès sont enregistrés à l’urgence de cet Hôpital chaque jour à n’importe quelle heure. Dès fois, c’est vers minuit ou même plus tard. La majorité de ces accidentés sont des mineurs, ne possédant pas de permis de conduire. Certes, il n’est pas nécessaire d’en posséder pour les scooters motorisés à moins de 49cc, mais le permis n’est pas seulement un papier. C’est la preuve que le conducteur de l’engin est passé par les étapes nécessaires pour être aptes à conduire, notamment en ville, où la circulation est complexe. Que font ces jeunes sur la route durant des heures aussi tardives ? Des courses sauvages sur la Digue et à Bypass, des fêtes dans les bars et les karaokés, etc… toutes des activités illicites et surtout interdites aux mineurs.

De plus, la majorité des scooters déclarés 49cc ont plus de cylindrée. Les modifications sont libres à Madagascar et certains n’hésitent pas à monter la puissance de leurs scooters. Ceux déclarés 49cc sont en fait des moteurs de plus de 60cc. L’augmentation de l’alésage du cylindre d’un moteur de scooter se fait dans les coins de rue pour 20.000 à 50.000ar. Les pièces dites

« performance » se vendent partout. Les scooters sont transformés en engins de course sans homologation et qui circulent  librement et la majorité d’entre eux négligent le freinage et la résistance du châssis de l’engin. Ils se retrouvent alors avec un engin puissant qui ne freine pas normalement ou qui est fragilisé au niveau du châssis à cause de la pression exercée par le moteur modifié.

Obliger les jeunes à passer le permis avant de conduire un scooter, même un 49cc, c‘est avant tout leur faire prendre conscience du danger de la route avec un moniteur professionnel. Conduire un scooter, c’est plus facile qu’un VTT puisque cela ne nécessite pas de changer les vitesses ou d’adapter le bon rapport à chaque situation. Cependant, être conscient de tout ce qui peut se passer sur la route doit s’apprendre. L’inconscience de ces jeunes en est la principale cause de ces accidents. Les courses sauvages se multiplient. La facilité des scooters fait que n’importe qui en conduit.  Et ces « n’importe qui » finissent généralement à l’hôpital en causant des dommages à des innocents sur leurs passages. Ils se lancent des défis en pleine circulation. Ils appellent ça « référence » et poursuivent des motos de grosses cylindrées ou des voitures pour voir à quel point leurs scooters sont puissants. Certains finissent sous des camions, d’autres dans un caniveau. C’est cet esprit de compétition mal placé qui détruit l’image des scooters et qui fait que tous les jours, des jeunes finissent à l’hôpital.

Il est plus que nécessaire d’instaurer une loi sur les modifications de scooter. Ils sont libres de circuler en ville malgré les bidouillages amateurs fait par les propriétaires. Des bidouillages qui peuvent coûter la vie à certains.

T.B

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