La Gazette de la grande ile

HVM : Improbable retour au pouvoir

Publié le 11 novembre 2019

Sur fond de divers débats politiques passionnés (motion de censure, de suspicions de scandales financiers, dysfonctionnements administratifs divers et les problèmes de l’ensemble des promoteurs miniers) attisés par les rumeurs véhiculées par une opposition frileuse et disparate animée par un grand perdant de l’élection présidentielle de 2018, l’opinion à Madagascar est toujours sous le coup de la déclaration fracassante sur les îles Eparses et les secousses provoquées d’une troublante pénurie de carburants. Quoi qu’il en soit, se basant sur les déclarations des deux Chefs d’Etat à Paris au mois de mai dernier les observateurs évoquent toujours l’alternative diplomatique sur : «Restitution directe ou cogestion, les deux pays se sont donnés un an, date du 60e anniversaire de l’indépendance de Madagascar, pour parvenir à une solution. »

Et c’est dans le contexte d’une campagne de l’élection municipale très feutrée qui démarre sans trop d’éclat, suivie par un brusque réveil du parti HVM fondé par Hery Rajaonarimampianina qu’un congrès national s’est tenu samedi dernier. Sans la présence effective du fondateur absent du territoire national, sous la conduite des ténors tels Rasidy Mohamed, confirmé dans ses attributions de Secrétaire National, de Rivo Rakotovao adoubé Coordinateur National, de Thierry Raveloson (président du groupe parlementaire du Sénat), cette rencontre nationale a pu réunir autour de 300 militants. En exécution des instructions du fondateur sur la nécessité de l’amélioration et des reprises des activités du parti, la journée du samedi 9 novembre a été marquée par la restructuration à partir des niveaux régionaux. Le message de Hery Rajaonarimampianina était axé surtout sur les circonstances qui avaient entouré son acceptation de démissionner et sa défaite. En se basant sur la pratique démocratique ambiant, son discours exhortait tout un chacun à faire preuve de d’honnêteté en reconnaissant les réalités politiques sans verser dans les refus d’accepter la part de responsabilité de chacun sur l’exercice du pouvoir en niant des résultats effectifs. Le Secrétaire National, comme le président du groupe parlementaire (majoritaire au Sénat et le nouveau Coordinateur National ont tous confirmé que sans se lancer dans une forme d’opposition radicale, le parti HVM va se cantonner désormais dans une position strictement civique qui sied à tous partis politiques à savoir : la conquête et l’exercice du pouvoir afin de mettre en œuvre la politique annoncée afin d’ assurer la bonne conduite de la politique nationale, par l’intermédiaire de leurs représentants dans la majorité parlementaire. Ils se positionnent pour légitimer et stabiliser le régime démocratique, en le faisant fonctionner. Animateurs du débat politique, ils entendent donc contribuer et aussi à structurer l’opinion publique. Toutefois, les commentaires des observateurs et des analystes d’une certaine presse sont unanimes pour faire état d’«un retour incertain». Ils ont raison dans la mesure où ils font allusion à la «lourde défaite» de l’élection présidentielle de 2018… Force est de reconnaître que le retour au pouvoir est pratiquement improbable, car ni Marc Ravalomanana, ni Hery Rajaonarimampianina n’a le charisme d’un Amiral Didier Ratsiraka que la ferveur populaire avait ramené au Palais d’Iavoloha après la déception des turbulences populistes de l’année 1991 à 1996…Et ce n’est avec le retour triomphal qui avait facilité le choix des électeurs d’Andry Rajoelina à la suite des années de mauvaise gouvernance d’un parti au service de l’empire industriel TIKO et les promesses non tenues sans aucun respect pour la parole donnée tout au long d’un quinquennat décevant que le peuple va revenir sur ceux qu’il a vomi…Surtout qu’un adage bien de chez nous dit bien :«Tsy lany vorona ny tany ka hitono goaika…» Un parti politique est une véritable pépinière, il appartient au HVM de miser sur changement. Faites place à la relève car jeunes ou vieux ce ne sont pas les talents qui manquent ! L’alternance démocratique est à ce prix ! Exit les «losers» et les brebis galeuses…Ceux qui étaient mouillés et éclaboussés par cette période de 2013 à 2018 durant laquelle l’octroi des permis miniers passait à travers des paiements de facilitation et des pots-de-vin.  Comme du temps où en 2005, Marc le magouilleur avait pactisé les investisseurs étrangers pour permettre aux grandes mines de piller nos richesses et de se comporter en pays conquis.

N .Razafilahy

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