La Gazette de la grande ile

Filière sucre : Madagascar ne produit que 90 000 tonnes !

Publié le 11 novembre 2019

La production de sucre à Madagascar reste faible. Seules deux des usines de sucre sur cinq sont fonctionnelles. Ce sont les usines d’Ambilobe et de Namakia et elles sont en location-gérance avec des Chinois. Les usines de Brickaville, de Nosy Be et de Morondava ont été suspendues. Pourtant, si les cinq usines fonctionnaient, la filière sucrière représenterait plus de 5 % du PIB avec 550 000 millions d’ariary de chiffre d’affaires par an. Selon le président de la République, Madagascar ne produit que 90 000 tonnes de sucres contre 200 000 tonnes de besoins annuels. Il fera en sorte que cette production nationale soit effective avant la fin de son mandat, afin de satisfaire les besoins locaux. Faut-il noter que l’offre n’arrive pas à satisfaire la demande. Actuellement, notre production se chiffre à 97 000 tonnes de sucre en 2017-2018. Les Malgaches ont pourtant besoin de consommer 211 000 tonnes, sachant que la demande est croissante depuis 2013. Il y a donc un gap de 114 000 tonnes de sucre à combler pour satisfaire les consommateurs. C’est pourquoi Madagascar importe en moyenne 100 000 tonnes de sucre par an du Brésil, de Thaïlande et d’Afrique du Sud. 64 % des sucres sur le marché sont importés aujourd’hui. Les Malgaches préfèrent consommer le sucre blanc importé à cause de son pouvoir sucrant même s’il est plus cher par rapport à notre sucre roux. C’est indispensable pour satisfaire les consommateurs mais cela nuit à notre balance commerciale. Il faut savoir qu’on a importé 113 000 tonnes en 2013, et cela est passé à près de 130 000 tonnes en 2017. Et plus on importe, plus on fait sortir de devises. Certes, les paysans se plaignent des acheteurs chinois. Les planteurs affirment qu’il y a de la falsification au niveau des ponts-bascules. Dans la filière, après la coupe, les paysans vendent leur canne aux Chinois notamment ceux qui font la location-gérance des deux usines fonctionnelles. Pour déterminer le tonnage, on pèse les cannes au pont-bascule. Les paysans se plaignent souvent que le poids estimé n’est pas le bon et qu’ils se font arnaquer. Les planteurs trouvent aussi que le prix à la tonne est insatisfaisant, sachant qu’une tonne leur est achetée à 69 000 ariary hors-taxes.

N.A

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