La Gazette de la grande ile

Îles  éparses et Iles malgaches de l’Océan Indien

Publié le 26 novembre 2019

Pendant des années on ne parlait pas de ces “Îles”, rarement dans les cours d’histoire ou dans les cours de droit.  Pendant des années, la grande majorité de la population ne connaissait même pas l’existence de ces et ce qu’elles recèlent.  Pendant des années,  même les “sachants”, ces grands intellectuels n’ont pas fait de tapage sur ces Iles, même ceux qui ont fait des études supérieures et qui sont bardés de diplômes, même ceux qui a priori savaient plus de choses que le reste, ne disaient pas grand chose sur ces “Îles” et si d’aventure ils en parlaient ils parlaient de ces îles comme étant les îles éparses et pas d’îles malgaches de l’Océan Indien mais dans des tribunes fermées ou peu accessibles au commun des mortels. Puis un beau jour la question de ces Iles est revenue sur le tapis, ce n’est pas la première fois puisqu’elle avait été déjà évoquée sous Ratsiraka puis sous  Rajaonarimampianina. Cette fois-ci la question revient sur le tapis et elle laisse pantois les simples citoyens ni spécialistes du droit, ni spécialistes d’histoire, ni spécialistes de géopolitique,  ni spécialistes de stratégie, …mais de simples citoyens qui sont très terre à terre.

On réclame aujourd’hui la restitution à Madagascar des Iles éparses mais on nous dit qu’il ne faut plus parler des Iles éparses mais être très patriote et parler d’Iles malgaches de l’Océan Indien… sauf que depuis des années aussi, on nous dit qu’il ne faut plus dire “malgache” car c’est péjoratif semble-t-il et il faut dire “Malagasy”. Alors doit-on aujourd’hui dire en français que l’on exige la restitution des  “Îles malagasy de l’océan Indien” ou ne parle que notre langue nationale pour évoquer ces îles ? Quoique la Constitution elle même énonce que le malgache et le français sont la langue nationale. Le simple citoyen qui continue de survivre au jour le jour et qui constitue la majorité de la population se pose des questions très terre à terre, il paraît que ces îles recèlent de richesses et qu’elles nous appartiennent. Saura-t-on en prendre soin et quand on les aura repris est-ce que ça permettra un vrai développement du pays ou va-t-on les donner à exploitation par on ne sait au juste qui les Chinois, les Russes ou on ne sait qui d’autres pour en contrepartie avoir des routes, des infrastructures ? Ou, va-t-on les exploiter nous mêmes pour permettre aux détenteurs de pouvoir de s’acheter des biens immobiliers à l’extérieur de Madagascar,  des voitures rutilantes qui circuleraient dans le pays en narguant bien les pauvres gens qui continueront de vivre dans des abris en carton et en sachets et en utilisant les “résidus” de l’argent de l’exploitation pour l’ intérêt général ?Fera-t-on attention suffisamment pour éviter que les ressources de toutes sortes qui s’y trouvent ne soient pas exploitées de manière sauvage?

Encore heureux que ces îles soient loin, cela évitera au moins les coupes de bois  pour en faire du charbon de bois à moins qu’à ce moment là le gaz domestique sera à la portée de tous les ménages.  Comment les responsables vont-ils faire quand parallèlement ils demandent de l’argent à la France même pour construire des bornes fontaines? Ou pour construire des infrastructures allant de latrines publiques aux écoles ? Comment feront-ils quand parallèlement ils rêvent d’avoir la nationalité française et font des démarches dans ce sens? Alors aujourd’hui on nous parle de consultation nationale… bien évidemment tout le monde dira qu’il faut restituer ces îles à Madagascar mais on ne peut empêcher ceux qui se demandent et se posent des questions sur la logique de la démarche ; on ne peut empêcher des gens qui se posent ces questions très terre à terre, qui ne relèvent pas de l’hypocrisie et qui, bien au contraire, relèvent du simple bon sens. Autant de questions à défaut de n’avoir pas les connaissances techniques pour donner des avis “techniques” sur la demande de restitution des “îles malagasy de l’océan Indien”!

Claude Rakelé

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