La Gazette de la grande ile

Harcèlement judiciaire : La Gazette de nouveau ciblée !

Publié le 02 décembre 2019

On croyait que les harcèlements judicaires et le placement systématique en mandat de dépôt de n’importe quel accusé quel que soit le délit faisaient désormais partie du passé avec l’avènement du nouveau régime qui promettait des réformes en profondeur du système judiciaire. Il y a à peine un mois, le président Rajoelina était d’ailleurs descendu à la prison d’Antanimora pour constater les réalités du milieu carcéral hyper-surchargé avec une immense majorité de détenus non jugés mais placés en détention provisoire.

Quand un jour, la Brigade criminelle a fait parvenir une convocation à notre directeur de publication pour une « affaire vous concernant », selon la formule consacrée, on a été plutôt confiant.  On l’est d’autant plus que d’une part, le président de la République en personne en tant que président du conseil supérieur de la Magistrature a déjà émis des directives pour une justice juste et équitable. Et d’autre part, la loi sur la communication en vigueur, quelles que soient les critiques, a le mérite d’avoir consacré la dépénalisation. Dans la logique de cette dépénalisation, aucun journaliste accusé de délit de presse ne pourrait donc être incarcéré en cellule durant sa garde à vue ou son enquête. C’est le sens académique de la dépénalisation à moins que nos juges et officiers de police judiciaire aient une autre façon d’interpréter le français comme l’a fait la Haute Cour Constitutionnelle en 2014 à propos de l’article 54 de la Constitution.

Normal donc si la sérénité se transforme très vite en indignation. A la réception de la convocation, « La Gazette » est, en effet, entrée en contact avec la Brigade criminelle pour s’enquérir de l’affaire et surtout faire part de l’indisponibilité de notre directeur de publication, Christian Andrianarisoa. Dument mandatée, notre émissaire a ainsi pu savoir que la convocation fait suite à une plainte pour diffamation déposée par un certain Mbola Rajaonah.  Ce dernier se serait plaint d’un article du journal indiquant son implication dans  des  affaires de kidnapping.

Notre représentante s’est aussi amenée avec un certificat médical en bonne et due forme délivré par le principal hôpital public d’Antananarivo qu’est la HJRA confirmant l’indisponibilité de notre directeur pour un bon bout de temps. Quelle ne fut cependant notre surprise quand vendredi dernier, la Brigade criminelle nous informe que l’audition de Christian Andrianarisoa doit se faire ce lundi, 2 décembre.

Pour des raisons purement humanitaires, notre émissaire a cherché à négocier avec la Brigade criminelle allant jusqu’à briser l’intimité de notre cher collègue. Apprenant ainsi que Christian Andrianarisoa vient de se faire amputer d’un pied, la Brigade criminelle aurait accepté d’envoyer au domicile de M. Andrianarisoa  des enquêteurs pour faire l’audition. Alors que tout a été arrangé, de fortes rumeurs ont tout remis en cause. La procureure de la République, une certaine Balisama Razafimelisoa, aurait exigé que l’audition se tienne dans les meilleurs délais à la Brigade criminelle.

 On se pose des questions sur l’urgence subite sur ce dossier. La procureure en veut-elle à La Gazette ? Peut-être quand on sait que le journal a été parmi les publications qui ont rapporté les déclarations du mercenaire Houcine Arfa accusant Balsama Razafimelisoa d’avoir touché 70 000 euros.

Au fait, où est cette affaire ?

La Gazette

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