La Gazette de la grande ile

Université : Les maladies de l’enseignement supérieur à Madagascar

Publié le 03 décembre 2019

Plusieurs faits démontrent les maux de l’Enseignement Supérieur à Madagascar actuellement.  On ne parlera plus du Baccalauréat de cette année qui a rendu tristement célèbre la Ministre -lors de la réception à l’ambassade d’Allemagne-mais également le Secrétaire Général lors d’un débat à la télévision, on évoquera de manière générale les maux de l’enseignement supérieur. Actuellement les tests d’entrée ou les sélections de dossier dans les universités publiques ont commencé et comme les parents choisissent volontairement d’y envoyer leurs enfants – ces parents qui y avaient été formés et qui savent que dans les universités privées les enseignants n’ont pas forcément le grade requis- les nouveaux bacheliers  craignent de ne pas pouvoir s’inscrire. En effet, il faut voir les queues qui se forment dans les cours des offices du Baccalauréat pour faire la certification des relevés de notes ; il faut savoir que les relevés des notes des admis à la seconde session ne sont toujours pas sortis à moins que ceux là soient automatiquement exclus de l’entrée dans les universités pour la prochaine année universitaire ; il faut voir la queue devant les banques pour le paiement des droits de test et des banques qui reçoivent quarante bacheliers par jour alors qu’il y a plusieurs établissements d’enseignement supérieur…à croire que tout est fait pour que les bacheliers se découragent et ne s’inscrivent pas dans les universités publiques mais aillent tous dans les instituts privés où la formation est payante. Seuls pourront donc prétendre poursuivre au delà du Baccalauréat ceux qui ont les moyens alors que la majorité des sexagénaires et plus qui occupent des postes de responsabilité et qui sont compétents ont été formés dans les universités publiques notamment ce qui avait été l’Université de Madagascar et les CUR.

L’enseignement supérieur est malade. Plusieurs terrains des universités sont occupés illicitement par des squatters notamment ceux de Maninday à Tuléar et récemment on a eu écho de ceux de Majunga.  Une directrice d’établissement d’enseignement est même victime d’agression en prenant en photo un papier du tribunal affiché sur des constructions illicites et que les squatters ont déchiré.  A croire que les squatters sont en position de force et que l’administration est incapable d’enlever les squatters qui occupent illicitement des terrains des universités…N’est-ce d’ailleurs pas au Ministère de l’enseignement supérieur avec l’appui des forces de l’ordre de faire respecter les règles et d’expulser des terrains les occupants illicites ? L’ancien ministre Rabesa Zafera Antoine devenu Président de l’Université de Majunga à  un moment avait procédé à cela à Majunga, ça lui a coûté son poste avec des dessous bassement politiques car il fallait sacrifier quelqu’un et ils ont choisi de sacrifier celui qui a voulu assainir et qui a commencé à y arriver.

L’enseignement supérieur est malade avec des constructions d’universités un peu partout sans enseignants,  sans recrutement en nombre suffisant,  des bâtiments construits grâce à l’aide de bailleurs parce que l’Etat en est incapable…comme si tout est fait pour décourager les bonnes volontés d’intégrer le corps des enseignants chercheurs, comme si tout est fait pour arriver à tuer à petit feu les universités publiques et faire en sorte à ce que seuls les enfants des riches  poursuivent leurs études dans les établissements payants ou en dehors de Madagascar et les moins nantis s’arrêtent au Baccalauréat.

L’enseignement supérieur est malade quand un enseignant d’université,  auparavant directeur des examens nationaux,  est en détention provisoire alors qu’on prétend lutter contre l’abus de détention préventive après avoir été interpellé par le rapport d’Amnesty international.

L’enseignement supérieur est malade…peut-être  qu’on n’a plus besoin d’éducation, d’instructions…car la réussite aujourd’hui c’est avoir du pouvoir et de l’argent sans instruction !

D.R.

Lire aussi