La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE / Même en  prison Mbola montre sa  force : Déferrement d’un malade  récemment amputé

Publié le 04 décembre 2019

L’affaire sur l’accusation à partir d’une plainte pour  diffamation déposée par un  certain Mbola Rajaona  est  en train  de  prendre une  évolution procédurière  que tout le monde  croyait  révolue.  Que «Ce  dernier  se  serait plaint d’un article du journal » La Gazette de la Grande  Ile «indiquant  son  implication dans  des  affaires  de kidnapping… », quoi  de plus  normal  qu’au  niveau  du Parquet ordonne aux  services  de la Brigade  Criminelle de  se  charger  de l’affaire. Mais là où «la  sérénité se  transforme très  vite en  indignation », c’est lorsque la poursuite judiciaire pour  un  délit réputé officiellement «dépénalisé» ait pris  depuis  des  contours qui incite à  penser  que si  ce  n’est pas une  sorte  de représailles par  juridiction interposée,  c’est que  çà y  ressemble un peu  trop…Ni la démarche  de  bonne foi  du  journal par l’envoi  d’une  représentante pour expliquer l’empêchement d’ordre médical de  bonne  foi, ni le certificat médical en  bonne  et due  forme sur l’hospitalisation de la personne faisant l’objet de la  convocation  en tant que  Directeur  de Publication, n’avait pas  retenu le Ministère Public d’insister pour tracasser davantage un journaliste qui n’a pas l’intention de se  soustraire à la poursuite  dont il  fait l’objet à partir de la traditionnel  convocation laconique sur une «affaire vous  concernant… ».

Parallélisme de forme oblige, à l’époque de cette rocambolesque vraie-fausse évasion de Houcine Arfa ce Français (un  étranger condamné par  la Justice  qui, selon le  journal Le Parisien du  2 janvier 2018 citant AFP «s’évade de prison et rentre en France (…), cet étranger a finir obtenir la  bonne  grâce de l’institution  judiciaire de  ce pays pour ensuite  fausser  compagnie à ses anges  gardiens. Dans quelle condition ? Des sources  proches  de la presse internationale très active et capable  en matière d’investigation révèle  sur  ces  circonstances les  faits ci-après qui  incitent à la  réflexion «Si Houcine Arfa affirme avoir versé 30 000 euros à la procureure d’Antananarivo pour pouvoir s’évader, la principale intéressée, Odette Razafimelisoa, dément. Le Français a bien tenté de la soudoyer afin qu’elle lui signe une autorisation pour aller à l’hôpital, mais elle a refusé, explique-t-elle.».C’est  tout  en l’honneur de la  Procureure… Mais là où le  bât blesse  c’est lorsque  ces mêmes  sources  affirment que Odette Razafemelisoa avait précisé «Et je sais bien que ce sont les grèves de la faim, les insistances de l’ambassade qui ont poussé la ministre à faire cette autorisation. » Il y  a  de quoi se  poser  des  tas  de questions qui dérangent  surtout lorsque tout au début de l’affaire Houcine  Arfa  dans une réponse à la  question  de Nicolas Jacquard  dans un article  du journal  Le Parisien  du 15 janvier 2018 «Vous étiez incarcéré à Tsiafahy, la prison la plus sécurisée de Madagascar. Comment vous en êtes-vous échappé ? » Houcine Arfa «On ne sort pas d’un tel endroit sans complicités. Je l’assume : j’ai été aidé au plus haut niveau de l’Etat malgache. J’ai versé 70 000 € à la ministre de la justice, 30 000 € au procureur en charge de mon dossier.* Cela m’a permis d’être transféré dans un établissement plus souple, et d’être emmené à l’hôpital avec une escorte allégée. ».Devant  tous  ces dénégations  qui  se  contredisent, la  mémoire  collective  n’a  retenu que ces  quelques lignes publiée par Le Monde du 25 janvier 2018 sur  Houcine Arfa l’évadé  gênant  de Madagascar qui constate ceci  «D’une même voix, l’exécutif de Madagascar tente de discréditer la parole du Français, dans un pays régulièrement pointé du doigt pour la corruption massive qui touche tous les échelons de l’État. » Constat partagé par Volana Razafimanantsoa et Laetitia Bezain dans une  dépêche  de RFI  du 23-01-2018 Modifié le 25-01-2018  qui révèle « le Français, ancien formateur de la garde présidentielle, multiplie les accusations de corruption à l’encontre de plusieurs hauts responsables malgaches dont la ministre de la Justice. Ses déclarations compromettantes ont fait l’effet d’une bombe dans un pays où la corruption gangrène toutes les strates de la société.». Et  c’est  su  fond de contradictions,  de  « parole  contre parole » que l’opinion s’inquiète de constater que le Parquet se montre  aussi  exigeant  avec un organe qui n’a fait  qu’exercer la  liberté  d’expression. Libre  après à une  cour juste  et équitable de  décider  du  sort de l’accusé. Mais  telle  que  se  présente l’affaire, n’importe quel observateur peut s’inquiéter  sur  ces péripéties  de la genèse de l’affaire Houcine Arfa quand les mêmes sources  révèlent des  détails comme  suit «« C’est la procureure qui proposait ses tarifs. Elle n’est pas venue me voir et je ne l’ai pas vue. C’est Ostrom [Ostrom Whens, chef de la Brigade criminelle] qui m’a dit “Si tu veux sortir, ça vaut tant mais je vais négocier avec elle”. Au début elle avait demandé beaucoup plus que 30 000 euros. Mais vous savez, pour elle, 30 000 euros c’est pas excessif, à certains elle demande 50 000 euros ! A la fin, Ostrom m’a dit : “Ecoute Houcine, elle en veut 30 !”, raconte-t-il… » La  question  est savoir  aussi « Quelle mesure la Procureur  a-t-elle pris à l’endroit  de l’intermédiaire cité ? Est-ce que l’opportunité de la poursuite et de l’action publique méritent-elles  omission en pareil cas de la  part  de la  Procureure ? Pourquoi ?

 

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