La Gazette de la grande ile

La Procureure Balisama : Est-elle au-dessus de la Loi ?

Publié le 05 décembre 2019

Il faut  bien  reconnaître que  tout  augmente même les faits les plus scandaleux. Sans  compter les  mauvaises  nouvelles  qui  nous parviennent  des  sources habitant la périphérie  concernant les  faits divers, les  révélations  des scandales électoraux  en provenance  des régions  provoquent des  sueurs froides  et on  a  froid dans le  dos quand  on  apprend  que les suspects arrêtés à propos d’un cas  de  kidnapping politique sur la  personne  d’un candidat député  de  Tsaratanana ont été remis  en  liberté par  des  juges  de Mahajanga jeudi 28 novembre  dernier. Les  fameux et redoutables Bekapaka, Tantely, Dédé, Mepatsa, Tsaramaso, Gilbert et Alain sont  de nouveau  dans la  nature. Il est question  de réduire le  nombre  des  détenus prévenus, mais  tout  de même pas  dans  cet  esprit là… Ce  faisant,  ceux  qui ont pris la  décision  de  ce  choix seraient  en  train  de  ridiculiser le président Andry  Rajoelina en  exploitant de manière vicieuse la  directive  présidentielle  sur la  diminution des pensionnaires de  nos prisons. C’est presque un  bras  d’honneur à l’endroit de la Magistrature  Suprême.  Pour ne pas  rompre avec une habitude  qu’on  avait inaugurée continuons avec le  sempiternel inventaire de nos  tares.

T comme  trafic.  Le  trafic  d’influence est  une  infraction qui consiste à solliciter une faveur, dans le  but de faire obtenir  d’une autorité ou  d’une administration publique une décision  favorable. L’esprit  de la  loi  est limpide là-dessus, le  fait  est plus  sévèrement réprimé  lorsqu’il  est  accompli par  une personne  exerçant une  fonction publique.  Le  fait   mentionné dans cette déclaration peut-être mensongère de Houcine Arfa  rapportée par les médias  ci-après en fait-il partie : «C’est la procureure qui proposait ses tarifs. Elle n’est pas venue me voir et je ne l’ai pas vue. C’est Ostrom [Ostrom Whens, chef de la Brigade criminelle] qui m’a dit “Si tu veux sortir, ça vaut tant mais je vais négocier avec elle”. Au début elle avait demandé beaucoup plus que 30 000 euros. Mais vous savez, pour elle, 30 000 euros c’est pas excessif, à certains elle demande 50 000 euros ! A la fin, Ostrom m’a dit : “Ecoute Houcine, elle en veut 30 !”, raconte-t-il… » Loin  de  nous l’idée de prendre pour  paroles  d’évangile les propos  d’un  évadé de prison  au passé assez  ténébreux. Mais  devant l’intransigeance du Parquet au  détriment  d’un  journaliste estropié, tout récemment amputé et  toujours  en  convalescence, il  est  tout  de même permis de poser la  question  de savoir : est-ce qu’il  n’y pas lieu  d’évoquer et  de suspecter la partialité, l’inimité notoire dans le traitement  de  cette affaire parce que si l’idée  de kidnapping a  été  évoquée  dans un  journal, beaucoup de  gens le pensent sans oser le  reconnaître. Protection  de la  source oblige. Etant  donné la notoriété  du commanditaire présumé et  son  influence  dans l’establishment à l’époque  du (HVM) Hery Voahangy  Mivady. Se souvenir également des enfants mineurs  d’Arlan kidnappés à Toamasina, de Me Nicole Andrianarivoson avec  ce  raid pour dessaisir la juridiction  du  Grand Port  et le transfert des suspects  vers une prison  d’Ambatolampy, puis ce procès sans les acteurs principaux et le magistrat  suspecté de complicité… Pour le moment on garde  le  silence. Notre  source est  fiable  là-dessus, parce  qu’il s’agit  d’un proche de la victime. Une procédure de  récusation pourrait être  envisagée. Au fait pourquoi tant  de  hâte  et d’insistance pour diligenter une  affaire de délit de presse «dépénalisé» ? Les policiers qui ont poussé leur zèle  jusqu’au lit du journaliste inculpé pour l’auditionner ont pu  constater  de visu l’handicap visible de l’intéressé dans l’incapacité de se mouvoir normalement pour tenter une «évasion»…  Alors  que jusqu’ici, personne n’ose  sortir  du placard le dossier puant  (gelé ?)  concernant des  accusations accablantes sur les propos diffamatoires d’ Houcine Arfa «l’évadé  gênant  de Madagascar » ? Qu’est-ce  qui empêche le CSM de « se saisir» d’un dossier qui met en  cause au moins trois magistrats ? Par  esprit  de pur corporatisme ? C’est faire peu  de  cas des injonctions  faites  récemment  lors de  la  rencontre du Président  de la République avec le  CSM…Bizarre ! Bizarre ! Attention parce  que le  « jour où la pluie  viendra », les documents  enregistrés dans les parages  de  Leader Price à Ankorondrano  par l’épouse  de  Houcine  Arfa lors de la livraison  des sommes en  Euros  seront rendus public. Jusqu’ à quand, les  simples  justiciables devront-ils supporter  qu’une ministre de la  Justice mêlée à des destructions de preuves lors d’un  concours  officiel et une  autre juge accusée restent hors d’atteinte de la  loi ?Bizarre !  Bizarre !

N. Razafilahy

 

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