La Gazette de la grande ile

Evasion de Carlos Ghosn : Jusqu’où l’implication de TOA ?

Publié le 06 janvier 2020

Alors que les fêtards avaient encore la gueule de bois, certains s’étaient fait réveiller brutalement par les dépêches internationales relatant l’évasion rocambolesque du Japon de Carlos Ghosn. Ce dernier n’est autre que le patron de l’alliance Renault-Nissan qui est depuis de nombreux mois, mis en examen pour diverses malversations.

Alors que M. Ghosn est dans l’attente de son procès, il a fait l’évènement le week-end dernier en s’évadant du Japon à bord d’un jet privé. Selon le journal Forbes du 03 janvier citant : « selon Corporate Jet Investor, Ghosn était à bord d’un Global Express immatriculé en Turquie avec le numéro TC-TSR ». Une immatriculation bien connue à Ivato, car l’appareil y fait des va-et-vient depuis l’année dernière.

L’auteur de l’article, Doug Gollan, révèle d’ailleurs que «selon une source de l’industrie, l’avion appartient à TOA Aviation , une société basée à Madagascar et filiale du Groupe Sodiat ». « Il avait été livré à Qatar Executive en mai 2004. Puis, en juillet 2018, il a été vendu à STE Havacilik, qui l’a loué à MNG Jet, la société qui le gérait et l’exploitait pour le vol de Ghosn, bien qu’en août 2019, l’avion ait été vendu encore une fois, cette fois à TOA ».

D’après toujours l’article, « FlightAware montre que l’avion en question était arrivé à l’aéroport international du Kansai juste après 10 heures du matin, le samedi 28 décembre depuis l’aéroport international d’Ivato, qui dessert Antananarivo, la capitale de Madagascar. Il s’est arrêté pendant un peu plus d’une heure à Dubaï où, selon un rapport du Wall Street Journal,il a recruté deux sous-traitants américains de la sécurité ». « FlightAware indique que l’avion de Ghosn a décollé à 23h10, heure locale et a volé vers le nord en direction de la Russie avant de se diriger finalement vers l’ouest puis le sud-est dans l’espace aérien russe entre l’Ukraine et le Kazakhstan. Il a ensuite fait son dernier voyage vers Istanbul à travers la mer Noire à l’ouest de Sotchi. Il a atterri à Istanbul à 5 h 26, heure locale, après un peu plus de 12 heures de vol ».

Le fugitif aurait été transféré sur un avion Bombardier afin de rallier Beyrouth. A en croire les informations divulguées par la presse internationale, l’étau serait en train de se resserrer au tour de lui. L’arrestation de M. Ghosn ne serait plus qu’une question de temps. Mais cet épilogue n’intéresse pas vraiment le public malgache qui s’intéresse plutôt à l’implication d’une société malgache dans cette affaire.

Suite aux articles de presse dans lesquels la société a été citée, TOA a d’ailleurs publié un communiqué dans lequel elle « rappelle que l’avion qui aurait servi à Carlos Ghosn est opéré par la première compagnie turque d’aviation d’affaire MNG JET, T O A n’a pas lien avec les passagers qui louent et utilisent les avions opérés par MNG JET. Par conséquent, T O A n’a aucun lien avec Carlos Ghosn. MNG JET opère une importante flotte d’avions partout dans le monde pour des clients internationaux, dans les sphères privées et publiques. La responsabilité de certains de ses salariés dans cette affaire a déjà été établie. ».

Sept personnes dont 4 pilotes ont été déjà arrêtées dans le cadre de cette affaire, ajoute encore l’auteur,  lequel fait remarquer que « Il n’y a aucun lien apparent entre Ghosn et l’une des sociétés répertoriées comme propriétaires. Par exemple, Sodiat possède des concessions automobiles à Madagascar, mais elles ne vendent pas des véhicules Renault, ni Nissan, les deux constructeurs de Ghosn. Aucun des propriétaires de jets n’a d’activité commerciale notable au Japon, ce qui pourrait être une bonne chose pour eux. Les tentatives de confirmer la propriété via les sociétés ainsi que MNG ont échoué. Cependant, s’ils possèdent les avions qui ont piloté Ghosn ou pour quiconque le fait, ils peuvent vouloir trouver un avocat … rapidement. C’est du moins ce que disent deux avocats de l’aviation. Au minimum, il est probable que les deux avions seront confisqués par les autorités turques, s’ils ne le sont pas déjà, du moins pendant les phases initiales de l’enquête. L’impact immédiat serait une perte de revenus d’affrètement ».

Recueillis par Sa

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