La Gazette de la grande ile

Crimes environnementaux : Aucune lutte ni sanction !

Publié le 16 janvier 2020

Lors d’une interview accordée à un quotidien par rapport au bilan de l’année 2019 de son département, Alexandre Georget ministre de l’Environnement et du Développement durable (MEDD) affirme : « Plutôt positif. Les feux de brousse et de forêts ont connu une nette régression de 40% par rapport à ceux de 2018 ». Ce fut une grande stupéfaction pour les lecteurs qui croient qu’il voulait peut-être dire une nette régression de 40% des réalisations du ministère et non des feux. Car à part lui, tout le monde s’accorde à dire qu’aucune lutte n’a été engagée depuis le début de l’année, si l’on ne cite toujours que les feux de brousse et de forêt. C’est en tout cas ce qu’affirme le PCA de la plateforme de la société civile, Alliance Voahary Gasy, Ndranto Razakamanarina. Alors comment le ministre ose-t-il affirmer une « nette régression » de ce fléau. Heureusement qu’il y a les balises pour lui rafraîchir la mémoire sur les incendies que son département n’a pas réussi à maîtriser, des feux qui ont été détectés dans les aires protégées. Il y avait aussi les fameuses images de la Nasa qui montraient que la Grande Ile est entièrement consumée par les feux. Il convient de souligner que les images fournies en 2018 affichaient « nettement » moins d’incendies que celles de 2019. La situation de la Grande Ile est spécialement préoccupante que plusieurs spécialistes étrangers se penchent sur le sujet. Si l’on tape aussi « Madagascar » sur Google, l’on peut trouver des pétitions pour protéger les forêts tropicales du pays. Certains vont même jusqu’à «  Demandez au gouvernement de Madagascar de prendre des mesures urgentes pour sauver les forêts tropicales de la destruction ». Alors qui et comment peut-on justifier une « régression » des crimes environnementaux ?

Malheureusement, ces crimes ne se limitent pas aux feux (de pâturage, de nettoyage ou encore de dissimilation). Il y a aussi le défrichement. Ce qui est pire dans ce cas, c’est l’exploitation illicite des bois précieux. D’après Ndranto Razakamanarina, il faut une application stricte de la loi afin de protéger l’environnement. A ce propos, il revient à la charge avec l’affaire Bekasy, trafic de bois de rose. « On nous a informé que suite à la passation avec le Pôle anti-corruption (PAC), des dossiers sont  égarés. Est-ce vrai et veut-on tout simplement ne plus relancer l’affaire ? », s’indigne-t-il. Avant de poursuivre qu’ « Il y a aussi des députés malintentionnés qui abusent de la vulnérabilité des petits peuples comme les migrants du sud. L’on sait que c’est le cas du député de Mahabo, Ludovic Raveloson qui encourage ces derniers à défricher la forêt allant d’Ankarafantsika à Port-Bergé. Ce qui est encore plus désolant c’est que l’Assemblée nationale veut la libération d’un tel criminel ». D’autres sociétés privées sont également très actives dans ce domaine si l’on ne cite que le Groupe Socota qui ravage les forêts de la partie sud de l’île. Sans oublier la Star qui a également été accusée  d’incitation à l’écocide. Par rapport à ces cas, c’est le silence total des responsables étatiques. Quoi que l’on attend toujours les résultats de l’audit que Star a supposé lancé. Ou serait-ce une fois de plus une ruse pour calmer le public sur ses magouilles ? La situation est plus que sérieuse si l’on ne cite que le problème du réchauffement climatique et du manque de précipitations. Des mesures d’urgences s’imposent.

A.N.

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