La Gazette de la grande ile

Sentinelle : En garde monsieur le maire … boxez !

Publié le 22 janvier 2020

Et voilà, le temps de la reconstruction est enfin commencé. Des récriminations sociales vont fuser de partout, car des intérêts mercantiles seront touchés et coulés vu l’anarchie qui s’est installée à Antananarivo depuis la gouvernance des Malagasy, c’est-à-dire depuis notre Indépendance. Le pire est que les compétences foisonnent parmi nous, mais les capables avérés ne postulent pas pour éviter une humiliation qui ne sied pas à leur stature. Ces derniers n’étant pas reconnus dans leur pays, préfèrent prendre leur distance vis-à-vis d’un débat où ils ne se retrouvaient pas, et pour cela ils se démarquent des joutes politiques dont les buts inavoués des belligérants sont seulement le pouvoir et la notabilité qui va avec… C’étaient des périodes d’un tel machiavélisme où la rectitude, le respect, le civisme, le sens du beau et du bien furent sacrifiés pour une démagogie en quête de voix électorales par tous les moyens, afin de conquérir la magistrature de la capitale.

Pour l’épopée du nouveau maire d’Antananarivo visant le rétablissement de l’ETAT DE DROIT, des contestations de ceux qui ont bénéficié et exploité la désorganisation civile vont ressurgir de partout. Elles seront animées par des partis politiques qui vont utiliser ce malaise social, pour perdurer et raffermir leur existence d’opposant. A la décharge des dirigeants successifs de la Ville des Mille, ce climat conflictuel a toujours existé, et il continue à être le talon d’Achille de tous les dirigeants qui s’y sont succédé. Les pierres d’achoppement concernant certaines classes sociales et le pouvoir en place sont surtout :

-les vendeurs illégaux qui occupent les places publiques non réservées à toutes sortes de vente.

–les fauteurs d’embouteillages de tout acabit et sa population récalcitrante à toute forme d’évolution pour l’amélioration de la vie urbaine.

–la sécurité publique qui fait en sorte que toute circulation se faisant à partir de 20 heures est propice à un guet-apens pour les retardataires qui doivent rejoindre leurs foyers.

-la gestion des ordures avant, pendant et après leur enlèvement.

-Les vandales de biens publics.

-Les inondations des zones basses à cause des remblayages sauvages qui sont  responsables de l’obstruction des canaux d’évacuation des eaux sales de la ville.

En notant seulement quelques-unes des tâches qui incombent au nouveau maire, il s’avère que « Le chemin pour le mieux vivre ensemble » dans la

ville d’Analamanga, sera surtout parsemé de pièges dans tous les domaines. Le combat y sera dur et long pour ramener les brebis égarés dans la rectitude comportementale.

Les questions qui nous sont posées sont :

-Est-ce que le nouveau maire aura le courage et la patience nécessaires pour continuer dans ses projets de rénovation sociétale au détriment d’une population luttant pour sa survie ? Comme cette dernière a toujours appliqué une sorte de guérilla urbaine dans ces joutes sociales qu’elle a menées et gagnées depuis les mandats successifs des maires et mairesse de la capitale, on est un peu inquiet sur la continuité des réformes.

-Est-ce qu’il peut motiver et garder en état de vigilance permanente les forces de l’ordre qui seront à sa disposition pour assainir la ville ?

-Est-ce qu’il est capable pendant au moins une année, de ne point prendre de vacances pour auréoler par sa présence les travaux et réformes en cours ? Il faut savoir que la moindre information sur l’absence du maître des lieux, sera mise à profit par ses détracteurs, et donnera l’occasion à ses propres collaborateurs de relâcher leur

vigilance, en faisant de ce fait reculer les acquis difficilement obtenus, pour un retour en arrière, occasionnant une perte inutile de temps et d’argent.

Vu le délabrement intellectuel et moral dans lequel l’éducation s’est empêtrée durant des décennies, la prise de responsabilité des sous-fifres est loin d’être une garantie de réussite. L’abus de pouvoir et l’irrespect des autres de certains proches du pouvoir sont le plus à craindre. En effet, les attitudes et comportements qui ne sont pas appropriés à une situation politique, mais pourtant adoptés par ses partisans, peuvent générer une perte de  confiance des sympathisants qui sont nécessaires pour pouvoir avancer vers un développement effectif.

Cette fois-ci, nous avons la chance d’avoir le premier magistrat de la ville qui bénéficie des bonnes grâces du pouvoir central, ce qui n’a pas été le cas de ses prédécesseurs. Il a en plus la ferme conviction de réussir à changer le destin de la Ville des Mille, et cela nous redonne l’espoir de nous sortir de ce marasme socio-économique qui nous oppressait tant. Alors souhaitons à notre preux chevalier rédempteur de notre fierté perdue, de réussir dans ses desseins auxquels nous adhérons. Nous lui suggérons  comme à un boxeur de notre cru, qu’il ne baisse jamais sa garde, et qu’il se méfie autant des ripostes sournoises de ses adversaires, que des agissements malheureux de ses proches partisans. En effet, bon nombre de bons dirigeants dans le monde sont tombés de leur piédestal à cause d’actes illicites de leurs entourages.

Max Randriantefy

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