La Gazette de la grande ile

Chronique de Razafilahy / Hauts emplois : Apprentis et amateurs s’abstenir

Publié le 22 janvier 2020

L’appel lancé par le régime a provoqué un véritable engouement proche de la frénésie. N’importe quel individu titulaire d’un diplôme quelconque se croit être éligible. Ailleurs, les références valables pour occuper une très haute fonction dans les structures étatiques sortent des prestigieuses références telles que l’Université de Harvard, Institut de technologie du Massachusetts (MIT), Stanford, Yale, Chicago, Princetone (Etats-Unis) Oxford et Cambridge (Royaume-Uni) et de l’Europe (Sorbonne, Bordeaux). Chez nous, l’Université de Madagascar et l’Université Catholique de Madagascar sont des pépinières très cotées. En Chine Pékin University, Tsinghua, Shanghai Jiao Tong University ont été aussi choisies par des cadres de chez nous avides de savoir.

A noter toutefois que ce n’est pas parce qu’on a fréquenté avec succès et les qualifications requises qu’un individu peut pour autant servir avec efficacité son pays. Il faut plus pour faire face aux problèmes socioéconomiques d’un peuple que les aléas des alternances vicieuses et perverses ainsi que les dominations commerciales et industrielles de la haute finance internationale a toujours voulu soumettre sous leur joug. Notre intention ici n’est pas de généraliser en ce qui concerne les valeurs acquises et requises par les fils de ce pays pour avoir le droit de servir les intérêts supérieurs de la nation. Bon nombre de ces personnalités ont fait honneur aux attributions qu’ils ont exercées dans le cadre des prérogatives étatiques. Par le passé dans plusieurs secteurs de la vie nationale, les feux Johasy Barthélemy, Lucien Xavier Andrianarahinjaka, Henri Raharijaona, Justin Rakotoniaina, Rakotovao Razakaboana et Alfred Raboanarijaona, chacun dans leur secteur respectif furent des brillants commis de l’Etat. Ils ont marqué de leur empreinte l’Histoire de Madagascar. A l’heure où dans la détermination de mieux faire dans la conduite des affaires de l’Etat, Andry Rajoelina le nouveau président de la 4ème République avec le soutien des partenaires techniques et financiers prend les dispositions idéales afin de parvenir à l’avènement d’un futur radieux et meilleur pour la population, recrute pour doter la République de hauts responsables de l’Etat, il faut que les choses soient claires. Nul n’est besoin de se farcir de toute une bande de candidats qui ont raté leur vocation. L’efficacité qu’on attend des commis de l’Etat ne peut être confiée qu’à des personnes ­­­­dotées d’un savoir technique valable capable de soutenir les exigences des services qu’on attend d’eux sur le terrain. Inutile de prendre en charge des pauvres apprentis qui vont tâtonner encore dans un amateurisme indésirable dépourvu d’aptitude pour les défis qui ne peuvent se contenter des novices. Les compétences existent et certains sont mêmes déjà en place. Il suffit aux décideurs de l’autorité centrale de les confirmer dans les attributions qu’ils exercent déjà en tant qu’intérimaires efficaces et doués. Ils ont fait suffisamment de preuves par les résultats de l’expérience obtenue jusqu’à ce jour. Il est question ici de ces Administrateurs Civils actuellement en charge de la gestion territoriale des collectivités depuis le bas de l’échelle jusqu’à la direction d’une région. Plutôt que de perdre le temps à jouer les chasseurs de têtes pour doter l’administration territoriale d’un nouveau gouverneur, d’un préfet ou d’un Chef de District qui vont encore jouer aux stagiaires maladroits, la meilleure façon de continuer la marche vers l’émergence c’est de faire confiance à ceux qui sont déjà familiers des problèmes, des réalités sur le terrain et savent déjà quel itinéraire suivre pour aider le président Andry Rajoelina à concrétiser des engagements vis-à-vis des habitants dans les conditions les meilleures. A quoi bon charger un général ou un colonel de s’occuper des attributions pour lesquelles il n’a que des connaissances parcellaires. En tant que brillant militaire, il ne peut surtout pas prétendre faire mieux que ceux qui ont été formés pour assurer « le contact permanent avec la population »… Comme l’affirme trop bien l’adage «Chacun son métier. Les vaches seront bien gardées. » En ce qui concerne les membres du gouvernement, le premier cercle de la Présidence sera surtout la caution du bon ou du mauvais choix du Chef de l’Etat. Il ne sera pas le seul et unique responsable du succès de la réalisation des projets présidentiels. Exit les canards boiteux !… Il peut même se servir en cas de besoin de l’article 45 de la Constitution qui stipule clairement «Le président de la République est le chef de l’État. (…) Il est le garant, par son arbitrage, du fonctionnement régulier et continu des pouvoirs publics, de l’indépendance nationale et de l’intégrité territoriale. Il veille à la sauvegarde et au respect de la souveraineté nationale tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il est le garant de l’unité nationale. » En cas de chantage sur l’application vicieuse de l’article 54 de quelques députés vendus à propos de la nomination du Premier ministre, il y a lieu de rappeler justement le dernier alinéa de l’article 45 cité que «Le président de la République assure ces missions dans le cadre des pouvoirs qui lui sont conférés par la présente Constitution. ». Fermer le ban !

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