La Gazette de la grande ile

Edito : Police, voleurs

Publié le 22 janvier 2020

Un jeu connu de tous est le jeu ” police, voleurs”… les polices courent après les voleurs et les arrêtent. Ensuite le voleur  arrêté devient police et celui qui était police prend la place du voleur.  En bref, l’idéal dans ce jeu est d’être éternellement voleur sans jamais se faire attraper et celui qui est à plaindre c’est celui qui ne court pas vite et qui redevient police très rapidement et très souvent. Aujourd’hui les forces de l’ordre sont tous devenus “police” et les marchands de rue “les voleurs” que l’on chasse de leur lieu habituel, que l’on chasse des endroits où ils se sont sentis en droit d’y être durant des années.  Aujourd’hui nos forces de l’ordre sont visibles et, au-delà d’empêcher les marchands de s’installer dans les rues, apprennent aux piétons ce que sont les passages cloutés, apprennent aux piétons l’utilité des trottoirs. Les piétons en deviennent gauches,  ils ont perdu leur repère.

Certains étaient convaincus que les trottoirs servaient de marché et qu’ils devaient se déplacer au niveau des routes au même titre que les voitures.  Nos forces de l’ordre assurent effectivement leur rôle  : celui de faire respecter les lois…mais il est évident qu’il n’est pas de leur rôle de faire cela en permanence, il est évident qu’elles ne vont pas faire  “police-voleurs” avec les marchands au quotidien,  il est évident qu’elles ne vont pas rester planté à proximité des passages piétons toute la journée même si en faisant cela elles assurent au moins la sécurité des personnes en l’occurrence les piétons.  Si on porte un regard en arrière,  le début de cette manie des marchands d’investir les rues a commencé lors de la grève sur la place du 13 mai en 1991. Ça a arrangé les manifestants de voir ces voitures transformées en gargotes pendant que les manifestants attendaient les discours des meneurs de grève.  Mais quand on remonte véritablement vers la source, ces marchands n’ont pas profité de la situation,  certains étaient déjà sans emploi et l’occasion faisant le larron, la belle opportunité s’est présentée  : des gens attendent des heures sous le soleil en ayant faim pour écouter quelques minutes ou heures de discours.

 Et depuis ça ne s’est pas arrêté… 2002, 2009, 2018. Au final, si on en est là c’est parce que le non respect des lois est devenu la règle,  c’est parce que le populisme a complètement élu droit de cité. Et admirable sera le maire s’il arrive à refaire respecter les normes dans la ville et on ne peut que le souhaiter. En attendant  la réalité du jeu “police voleurs” a repris du côté d’Anosibe à moins de 48h du calme et tranquillité appréciable sur deux jours du côté d’Andrefan’Ambohijananahary, Mahamasina et Anosy.

Claude Rakelé

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