La Gazette de la grande ile

Regroupement des compétences : Le régime ne sait pas chasser les têtes !

Publié le 22 janvier 2020

Les agents de publicité dignes de ce nom ne se contentent pas de distribuer des annonces à leurs copains pour les amadouer ou tout simplement les corrompre. Ils doivent également chercher des conseils auprès de leur support. Qui pour l’emplacement, qui pour le jour de parution mais qui aussi pour demander où pourrait-on éventuellement trouver la réponse à l’annonce faisant l’objet de publication.

Visiblement, les amazones de la présidence ignorent tout cela. Car si elles n’ont pas continué à nous boycotter en matière de publicité, nous leur aurions conseillé plusieurs pistes pour avoir le maximum de CV dans l’appel à compétences qui fait l’objet d’une vaste campagne publicitaire dans les journaux et stations de télévision proches du régime.

Qu’à cela ne tienne. La volonté du président Rajoelina à mobiliser les compétences du pays et dégarnir le sphère du pouvoir des médiocres, nous amène à émettre ces quelques réflexions afin de faciliter le rassemblement des compétences.

Parmi celle-ci, il y a le club18 créé par le jeune Andry Rabetokotany. Agé seulement de 31 ans, cet diplômé de l’Essec a été appelé pour intégrer le conseil d’administration d’Action contre la faim. D’envergure mondiale, cette ONG œuvre dans plus de 50 pays et dispose d’un budget annuel de 200 millions de dollars. Conseiller dans plusieurs directions générales d’entreprise, il est l’un des fondateurs du club18. D’après son site web (www.club18.com), «Le Cercle 18 est une association apolitique réunissant des jeunes diplômés de Grandes Écoles et des Universités désireux de participer au développement économique et social de Madagascar ». Ce cercle regroupe des diplômés de l’Essec, de Centrale Supelec, Sciences Po, Arts et Métiers et l’école Insta (informatique). Les proches de Andry Rajoelina ont-ils approché ce cycle dont la volonté de contribuer au développement de Madagascar ne fait pas l’objet d’un doute?

D’après toujours le site, « les membres du Cercle 18 sont des jeunes femmes et des jeunes hommes aux compétences variées et complémentaires, à l’image du peuple malgache avec ses dix-huit ethnies. Ensemble, ils veulent insuffler des idées nouvelles pour le développement de Madagascar (…) ».

Sinon, a-t-on cherché à recenser les jeunes boursiers envoyés par Didier Ratiraka en 1997 en France et dont une bonne partie ont intégré les IUT (institut universitaire technologique) ?

Et quid des jeunes envoyés par Marc Ravalomanana en 2004 à Abilène (Etats-Unis) ? Outre ces jeunes, de nombreux techniciens ayant travaillé avec l’ancien président se sont exilés aux Etats-Unis, certains ayant cependant décidé de rester sur place ?

La question qui se pose est de savoir faute de compétences donc, le régime accepterait de prendre ces techniciens s’ils venaient à présenter leur CV.

  La même question se pose pour les nombreux enfants du pays que leurs parents ont envoyé à Harvard, Cambridge, Massachussets…. Oui, nous n’avons jamais eu de cesse de dire (dans nos articles sur le recrutement des conseillers par le Pnud pour la Présidence et l’arrivée de la conseillère économique de nationalité indienne notamment) que le pays ne manque pas de femmes et d’hommes compétents, honnêtes et patriotes. Mais avons-nous vraiment la volonté de faire fructifier ces ressources ?

A l’instar de beaucoup d’autres envoyés par leurs parents dans les grandes écoles occidentales, un jeune karana vient par exemple de terminer sa formation auprès du prestigieux Massachusets Institute of Technology. Notre administration est-elle prête à le recruter ?

En fait, notre vrai défi reste la formation des jeunes pour constituer des cadres, des techniciens supérieurs, des contremaîtres, des ouvriers spécialisés pour l’IEM ou l’exploitation du gisement de fer de Soalala, ou des réserves de pétrole et de gaz dans le sud dans le canal de Mozambique, pour redynamiser le génie rural, les travaux publics, le génie militaire, les chemins de fer (…) afin d’avoir un Etat fort sans lequel Madagascar ne pourrait jamais aspirer  à un vrai développement

Sa

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