La Gazette de la grande ile

La transparence selon Marc ? : Un trou de 15 milliards à L’Hôtel de Ville

Publié le 03 février 2020

Qui a parlé de flottements  lorsque président Andry Rajoelina a rendu public sa décision de changer  d’équipe en s’occupant personnellement cette  fois-ci de la composition d’un nouveau gouvernement toujours dirigé par Christian Ntsay. Selon Clarel Faniry Rasoanaivo de l’Agence REUTERS «Une source proche du dossier indique d’ailleurs que le Premier ministre sortant était le seul à figurer parmi la liste des trois premiers ministrables de l’IRD, la plateforme d’Andry Rajoelina. Ainsi que le dispose la Constitution, c’est en effet au groupe majoritaire à l’Assemblée Nationale. ». Pendant  que les regards et les esprits étaient encore braqués  sur les  terribles conséquences des  récentes  fortes pluies et les dix nouveaux ministres  nouvellement recrutés pour composer  finalement d’une équipe de 24 membres. Des  rumeurs  sur des  détournements de deniers  publics dans la Trésorerie de l’Hôtel de  Ville étaient déclenchées d’abord par les commérages à peine  croyables transmis de  bouche-à-oreille par  quelques membres du Conseil Municipal  de la  Commune  Urbaine d’Antananarivo.

De  confidence en  confidence, l’indiscrétion s’est propagée comme  une  traînée de poudre  dans les  salons et parviennent jusque dans les  rédactions…Il était  question d’un  trou (un résultat négatif)  de la  gestion financière confiée à l’autorité et  sous la responsabilité de dame Lalao Ravalomanana  en tant que Maire sortante. Malgré les fanfaronnades  fracassantes suspectes d’un Marc époux grande  gueule  de la première responsable de l’administration de la plus  grande  ville  de Madagascar, après une procédure de passation  de service  (d’une  discrétion très remarquée qui n’est pas  passée inaperçue) hors  de la présence du  public  et  de la  presse, on  jasait déjà  dans les  salons, sur les  trottoirs  et les couloirs de  pavillons des marchands d’Analakely. Les  ragots  faisaient  état d’une  série de malversations  et  de soustractions  frauduleuses  commises avec l’aval de celle qui, pour  ses  détracteurs «n’est que le pion de son mari». Les ingérences intempestives de son mari. Ce  dernier président  de la  République renversé par une insurrection  en 2009  sera bombardé conseiller technique  auprès de son épouse de  maire  pour les  besoins de la  cause. D’après les  observateurs le  fondateur du parti  TIM et patron  de l’empire laitier commercial du groupe  TIKO  rebaptisé AAA  a la mauvaise  habitude d’accaparer le micro  au point d’indisposer les  conseillers municipaux Il «jouent la plupart du temps en sa défaveur».  Très tard hier dans la  soirée une source  digne  de  foi confirme l’existence d’un déficit de gestion dans la  comptabilité de la  Commune Urbaine  d’Antananarivo de l’ordre de plus  de 15 milliards. De  francs ou  d’Ariary la  somme évoquée ne peut que  surprendre  et  scandaliser quand on tient compte des  raisons pour le moment suspectées  d’une pareille situation sur le plan comptable et en prévision de l’issue pénale d’une  affaire  qui dans le  cadre de la nécessité  d’assainir la  gestion  des  finances ne manquera pas de déclencher une enquête de la part  de la Brigade d’Inspection de la  Direction  Générale  du  Trésor. Démarches automatiques  qui  en  d’autres  circonstances  et  dans  d’autres  secteurs, ont permis au  Directeur Général du  Trésor  de prouver la  compétence et le  savoir de son personnel. Pour avoir  détecter à  temps une infraction  aussi grave  dans la pratique de la  bonne  gouvernance à l’échelon municipal, il  faut  reconnaître  que le ministre de l’Economie  et  des  Finances ne se sont pas  endormis  sur leurs  lauriers. Il n’est  donc pas étonnant  que le président  Andry Rajoelina avait  choisi de maintenir  l’Argentier Richard  Randriamandranto. Le tableau de  chasse très éloquent de la  Brigade  d’Inspection de la DGT dans ses opérations de contrôle et  de vérification ainsi que le palmarès  très  honorable de la  Direction  Générale des Douanes  crédité par les  succès  des  recettes douanières sont des motifs  suffisants pour justifier le choix du  Chef de l’Etat. Bref, même en  faisant  valoir le principe de la présomption d’innocence,   des  faisceaux  de  faits   accablants détectés dans les documents  comptables vont peser très lourds sur l’enquête en cours. Surtout qu’au début du mandat  de  son  épouse  Lalao, Marc avait déclaré publiquement à la presse « Je dirigerai la commune, je serai à ses côtés dans la conduite des affaires de la commune. » Credo douteux de la part de  celui que  Jeannot Ramambazafy  avait décerné les palmes  de la mauvaise foi  et pourquoi pas aussi l’Oscar de l’abus de pouvoir dans l’exercice des  fonctions de son  épouse par sa personne interposée…

  1. Razafilahy

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