La Gazette de la grande ile

Energie et environnement : On reboise et on … augmente le prix du gaz

Publié le 13 février 2020

Alors qu’on est en pleine campagne de reboisement, les prix du gaz ont augmenté. Depuis la fin de la semaine dernière plus exactement où la bouteille de 9 kilogrammes passe de 292 500 Fmg à 325 000 Fmg, soit une hausse de 10 %. Une hausse particulièrement importante qui ne manquera pas de se répercuter sur le prix d’autres combustibles comme le bois de chauffe et le charbon de bois.

Pour des raisons purement psychologiques, le marché réagit, en effet, à l’augmentation des prix du gaz par la hausse des prix du charbon de bois et du bois de chauffe, sachant que la pauvreté monétaire de la quasi-totalité de la population empêche l’achat du gaz. Dès lors, plusieurs questions se posent sur cette hausse du gaz.

D’abord, le régime en général et le nouveau ministre de l’Energie et des Hydrocarbures, Christian Ramarolahy qui a été confirmé à ce poste après en avoir assuré l’intérim pendant des mois ne connaissent-ils aucune miette sur ce secteur pour avoir autorisé, l’augmentation du prix du gaz ? On est, en effet, en pleine période des pluies où les prix du charbon de bois et du bois de chauffe augmentent à cause des difficultés de production de ces sources d’énergie. Depuis le début de la saison,  les prix du charbon de bois atteignent en moyenne les 125 000 FMG (25 000 ariary) le sac. Après la hausse des prix du gaz, on ne sera pas surpris si le charbon de bois passera à 150 000 Fmg le sac avant Pâques.

Ensuite, comment se fait-il que les prix du gaz augmentent alors que ceux des carburants  ne bougent pas alors que d’habitude, le gaz n’augmente qu’à la suite du gas-oil et de l’essence  avec exactement le même taux ?

Enfin, au-delà d’une éventuelle flambée voulue par le nouveau ministre pour sa nomination, cette hausse du gaz aurait-elle été motivée par les 60 millions de jeunes plants à reboiser ? Après le ridicule de reboiser on ne sait quoi et où, le ministre de l’Environnement a été limogé. Cependant, des questions demeurent sur les réels objectifs du reboisement pour lesquels le ministère de l’Environnement  aurait par exemple acheté des jeunes plants d’arbres fruitiers à Anosibe faute de performances malgré ses immenses moyens.  Et au-delà de la pure communication de correspondre les 60 d’indépendance du pays cette année, l’objectif de 60 millions d’arbres plantés viseraient, en fait, à récupérer le maximum de crédit charbon pour Madagascar. De l’argent, oui de l’argent et beaucoup d’argent.

Toutefois, nous avertissent des experts de l’environnement : le crédit carbone se négocie très difficilement.  Des pays et des ONG internationales spécialisées recrutent des experts en la matière pour monter des projets et les financer par des crédits carbones, disent-ils.

Sans doute qu’on ne le sait pas sinon les autorités malgaches n’auraient pas augmenté le gaz en pleine saison où le charbon de bois se raréfie et dont les prix augmentent.

Sa

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