La Gazette de la grande ile

Santé publique : “Conneries ” … virus !

Publié le 13 mars 2020

Il n’y a pas un jour où on ne parle pas du Coronavirus, du nombre de décès,  des pays touchés…Chez nous, c’est plutôt pendant plusieurs semaines les “conneries” qui enflaient :  il y a quelques semaines une phobie des Chinois mêlée à de la rigolade était de mise style “ce sont les Chinois qui mangent n’importe quoi et ce sont les autres qui tombent malades”, puis après “on vit tellement dans la saleté,  on a eu la période de la peste que nous sommes immunisés dans notre pays”, ou “Ça n’atteint pas les Noirs, les Noirs ont eu Ebola, les Blancs ont leur covid-19”, autant de choses qui démontraient une sorte de “même pas peur”. Les choses évoluent parce que les pays touchés commencent à être des pays avec des noms que nous connaissons un peu plus, l’attitude change “il faut fermer les frontières”, les moindres personnes qui toussent ou éternuent subissent des regards lourds et insistants “coronavirus” en faisant croire qu’on le dit pour rire, la mise en quarantaine de certains voyageurs commence à être portée à la connaissance du public et là on commence à se dire qu’effectivement on n’a pas les infrastructures nécessaires,  ni les moyens si jamais cela arrive, que même pour en venir à bout de la peste ça  a été une longue bataille. Et puis voilà,  la banque mondiale donne l’argent pour aider Madagascar à faire face à ce que l’OMS appelle une pandémie. On commence à prendre les choses au sérieux, on n’en rit plus, on arrête de se dire que ça ne nous concerne pas. Ça y est, ça se rapproche dangereusement, c’est à La Réunion d’où branle bas le combat, c’est tout près,  on a eu de l’argent de la banque mondiale et en conseil de ministre le communiqué met l’accent sur l’éventualité et non plus sur la prévention.  Et là… les esprits se déchaînent, la psychose commence à enfler, ça part dans tous les sens : “fermer tout de suite les frontières”,  “mettre le pays en quarantaine”, “laisser les frontières ouvertes”,  “on est prêt à faire face”, “surtout ne pas fermer les frontières car ça va nous asphyxier économiquement”, “laisser les vols Air France venir même épisodiquement mais pas les autres compagnies”, “ce n’est pas l’OMS qui dirige le pays”… Le fait est que lorsqu’on lit toutes les précautions nécessaires pour éviter le covid-19 qui sont quasiment les mêmes que lors de l’épidémie de la peste à savoir la manière d’éternuer pour éviter de postilloner sur les autres,  les mains qui doivent être constamment propres, ne pas cracher par terre etc, on en déduit que les règles minima de propreté ne sont pas appliquées au quotidien chez nous si bien que les choses simples se doivent être rappelées et c’est toujours quand il y a de gros risques de catastrophes ainsi que d’un coup tout le monde se met à se rappeler de ce qu’il faut faire en terme de propreté sur soi même. Se rappeler de comment être propre et respecter les autres aussi avec ces mains “constamment sales” et ces crachats à tous les coins de rue.et cela ce n’est pas le “coronavirus” mais le virus de la “connerie”.

Claude Rakelé

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