La Gazette de la grande ile

Edtio : Tolérer l’anarchie sociale actuelle ou agir dans la contrainte ?

Publié le 26 mars 2020

Au début, les Malgaches ont tous cru que l’épidémie ne se propagerait pas dans leur pays, jusqu’à ce que la situation empire en seulement moins d’une semaine. Et bizarrement, la déclaration du Président de la République du 22 mars dernier qui a limité la possibilité de circuler à certaines personnes uniquement ne semble pas du tout intimider la population malgache. De toute évidence, cette dernière n’a jamais eu de scrupules à se promener partout dans la ville et à faire « comme si de rien n’était » jusqu’à ce que les forces de l’ordre viennent peut-être la pourchasser avec les menottes et les lacrymogènes. Mais vu l’Etat d’urgence sanitaire déclaré dans notre pays et le refus de certains citoyens d’obéir aux ordres, la contrainte ne serait-elle pas la seule solution « efficace » qui pourrait nous faire sortir de cette situation empirique dans les plus brefs délais ?

De l’autre côté, nous ne pouvons également pas dire que la situation est calme du côté de l’Administration et des mesures qu’elle prend ou envisage encore de prendre pour résoudre les problèmes. En effet, pas plus tard que mercredi dernier, nous avons encore pensé que le Gouvernement malgache a bien fait les choses pour avoir renforcé le contrôle des frontières et s’assurer qu’aucun cas de porteur du coronavirus ne soient constatés dans le pays. Néanmoins, il a suffi de 4 ou 5 jours pour que 12 cas soit constaté, et dont les victimes sont des voyageurs des vols qui ont atterri sur nos territoires ces derniers jours. Une chose est sûre, c’est que la situation ne serait pas la même si ces vols étaient annulés dans leur pays de départ, ou si Madagascar avait prononcé plutôt la fermeture provisoire de toutes ses frontières. Mais comme il n’est plus le temps de regretter d’avoir pris les mauvaises décisions, cela devrait inciter les responsables à s’assurer pour une fois que les mesures qui sont en cours de mise en œuvre soient suivies par tout le monde, effectivement. Tout prouve que les décisions à prendre dans une telle situation ne doivent pas être prises dans la tolérance et l’indulgence, surtout lorsqu’il s’agit de protéger la population contre des phénomènes qui produisent des dégâts humains quasi-identiques à ceux d’une guerre mondiale. Mais les Malgaches accepteraient-ils de renoncer provisoirement à l’effectivité de leurs Droits de l’Homme pour privilégier la résolution de ce problème ? De même, le Gouvernement serait-il capable d’agir, même avec la contrainte, pour s’assurer du bien de sa population ? A chacun de méditer sur la question.

Hariantsa R.

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