La Gazette de la grande ile

Malaise en haut lieu : CENI… et le tour est joué

Publié le 26 mars 2020

Obnubilés par le spectre du Coronavirus, la vacance du poste de Vice Président de la CENI est passée quasiment inaperçue et paraît  même comme un  non événement. Thierry Rakotonarivo aimait être au devant de la scène et parlait au nom de la CENI, on le voyait plus que le Président lui même et il est évident que s’il a ainsi pu donner autant de conférences de presse c’est bien parce que le Président de la CENI lui même était d’accord ou du moins n’a jamais apporté la moindre objection.  Thierry Rakotonarivo informait,  communiquait beaucoup au point que parfois on ne l’écoutait plus…et peut-être aussi que le Président de la CENI ne l’écoutait plus ou ne savait plus pourquoi son Vice Président allait faire une conférence de presse. Et puis un jour Thierry Rakotonarivo donne une information qui jette le malaise au sein des hautes sphères mais qui pourtant intéresse le public… cette histoire de doublon, cette histoire de cartes nationales d’identité identiques. Le public qui avait déjà des doutes sur la sincérité totale des élections est à l’affût,  l’information est intéressante peu importe de quel bord politique on se trouve, on est d’abord électeur et si la perfection n’est pas de ce monde on ne peut que s’indigner face à de telles bêtises. Le Président de la CENI commence par sortir de son silence et donne des explications quant à ces doublons,  puis 24h après volte face il saisit la HCC pour demander la destitution de son Vice Président : deux attitudes qui paraissent aux antipodes pour le simple citoyen, pour le citoyen électeur. La saisine de la HCC se solde par un rejet pour vice de forme, par ce qui s’apparente à des broutilles pour beaucoup d’autant que la HCC nous avait déjà habitué à des décisions étranges et clairement teintées de politique. Thierry Rakotonarivo pose alors sa démission, après la décision de la HCC! Chose étrange mais il est évident qu’il y a anguille sous roche, il est évident que ça rend les choses plus simples pour le Président de la CENI, pour ceux qui avaient organisé ces élections,  et pour ceux qui n’ont aucun intérêt à ce qu’il y ait de nouvelles élections -non pas pour des questions de financement mais pour d’autres raisons-,que Thierry Rakotonarivo démissionne plutôt que d’attendre une décision de justice qui de toutes les façons ne serait pas considéré comme juste. Aujourd’hui,  le poste est vacant mais tout cela intéresse peu les gens tant l’attention est focalisée sur le Coronavirus. Aujourd’hui on se rend juste compte que l’on n’aime pas la transparence,  que l’on aime laisser le public dans l’ignorance et le forcer à gober tout et n’importe quoi… juste parce que cette fameuse communauté internationale,  que ces observateurs électoraux – longtemps critiqués par ceux qui aujourd’hui sont aux commandes de l’appareil étatique – ont dit que tout s’est bien passé.

D.R.

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