La Gazette de la grande ile

Coronavirus : La chaîne de l’hygiène

Publié le 14 avril 2020

Les autorités imposent un confinement à partir de midi. Au-delà, un laissez-passer est nécessaire, sinon des sanctions sont appliquées aux contrevenants. La mesure est efficace et essentielle dans la lutte contre le Coronavirus. Toutefois, cette mesure se heurte à la réalité de l’engrenage de la contamination qui nous ramène à la chaîne de l’hygiène. Les gens doivent rejoindre leur domicile à midi au plus tard. C’est très bien mais avant cela, ils s’exposent mille fois au virus qu’ils défient puisque, dans la majorité des cas, ils sortent sans masque, ou avec un masque inadapté, alors qu’ils côtoient de très près d’innombrables autres individus dans des épiceries ou des marchés.

Une fois rentrés chez eux, nombreux sont ceux qui négligent le lavage des mains. Certains n’ont pas le réflexe de le faire, d’autres n’ont pas de savon, d’autres n’ont pas d’eau. Pour nos compatriotes qui vivent au jour le jour, le savon est un luxe. Pour ceux qui sont loin d’un point d’eau, ou qui achètent cher le bidon d’eau, se laver les mains n’est pas une priorité. En l’absence d’une chaîne de l’hygiène, il ne faut pas s’étonner que le Coronavirus pénètre et s’étende insidieusement dans les foyers même pendant le confinement.Les circonstances exceptionnelles ne doivent pas flouter la réalité permanente suivante :l’accès à l’eau et au savon sont des fondamentaux de l’hygiène élémentaire qui sont refusés à bon nombre de nos compatriotes. C’est un scandale au XXI ème siècle. Il est dommage qu’on évoque ces carences seulement au moment de l’épidémie actuelle, ou lors de la résurgence de la peste et du choléra. Il faut impérativement poursuivre les injonctions au confinement mais celui-ci n’est pas une nouvelle religion. Des informations sur la propreté des mains doivent accompagner les individus jusqu’à l’intérieur de leur domicile.Il faut éduquer inlassablement la population afin qu’elle ne ramène pas le mal invisible à la maison car le risque de contamination ne s’arrête pas devant notre porte et n’attend pas midi pour frapper.

Phil de Fer

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