La Gazette de la grande ile

Aides extérieures : Indispensables en attendant les réformes

Publié le 22 avril 2020

Certains individus prédisent une mauvaise gestion par le régime des aides extérieures qui affluent. Ces critiques émanent de personnes malveillantes (sans doute abruties par l’ennui causé par le confinement) qui n’ont pas une vision élevée de la république et qui cherchent à induire en erreur l’opinion publique. Pour comprendre que leurs propos sont insensés, il est utile de rappeler la genèse de ces aides.Comme tous les autres pays, Madagascar n’échappera pas à la récession.La pandémie a entraîné un ralentissement de l’activité et de la croissance. La fermeture des frontières a entravé le transport des personnes et la circulation des marchandises. Le confinement partiel a limité la consommation des ménages et les investissements des entreprises. Il a conduit à une perte de production agricole et industrielle. Le paiement des droits, impôts et taxes a été suspendu. Tout cela a réduit les recettes de l’Etat. Ce dernier n’a pas eu d’autres choix que d’engager des dépenses massives pour courir au chevet des personnes les plus vulnérables et pour freiner la propagation du Coronavirus, notamment au niveau de la santé  et de la sécurité publique. De façon très schématique, d’un côté, les recettes de l’Etat sont en chute libre tandis que de l’autre, il doit faire face à des dépenses exorbitantes inédites, tout en continuant de faire tourner la machine administrative.Il est aisé de comprendre qu’une telle situation n’est pas viable. La détérioration de la situation budgétaire a contraint l’Etat d’accepter les aides offertes par les bailleurs de fonds.  Ceux-ci ne sont pas des enfants de chœur et ne sont pas nés de la dernière pluie. L’utilisation des aides octroyées est soumise à des conditions sévères et à des contrôles drastiques. Le déblocage rapide de ces aides résulte des résultats probants du régime au niveau de la bonne gouvernance et de ses sages décisions prises au tout début de la crise sanitaire. De ce qui précède, les allégations de certains blogueurs et internautes ne sont pas fondées. Basées sur la mauvaise foi, l’ignorance ou la volonté de nuire, elles ne visent qu’à l’improbable déstabilisation du pouvoir actuel. Une fois l’état d’urgence sanitaire levé, le régime n’aura pas d’autres choix que d’accélérer le train des réformes structurelles avec plusieurs objectifs : favoriser la résilience, réorganiser les échanges, s’affranchir de l’aide extérieure qui n’est pas une fin en soi, encourager les investissements directs étrangers, retrouver le chemin de la croissance et en partager les fruits.

Phil de Fer et PN

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