La Gazette de la grande ile

Chronique : La justice confinée ? Le  temps des cerises sur le gâteau

Publié le 06 mai 2020

Qu’est-ce  qu’on entend  au  juste à propos  de l’expression «cerise sur le  gâteau» ? C’est la  juste  question qui  demande une  explication  claire et sans équivoque…Sur le  Net dans le  site  consacré aux expressions  françaises on peut lire qu’il s’agit  d’une «Expression française utilisée pour marquer le petit détail, l’avantage supplémentaire acquis par une réalisation et dans un sens plus imagé pour dire “le comble”. Et la même  source  ajoute  que c’est une «métaphore pâtissière calquée sur le modèle américain servait à désigner le petit détail qui venait parachever le tout, le petit plus qui couronnait le succès d’une entreprise. » De nos jours, le sens de cette expression française dont l’origine remonte seulement à la fin du XXème siècle, a évolué pour devenir “c’est le bouquet” et dire que la mesure est comble. De ce fait, la “cerise sur le gâteau”, d’élément positif portant à son comble la réussite de quelque chose est devenue synonyme de “c’est le plus embêtant, le pire, la goutte d’eau qui fait déborder le vase”. Comme il  est  coutume  de  dire  après  ces explications  très nécessaires  et  combien  utiles pour la  bonne  compréhension des  faits  relevant de certaines  juridictions on  peut  déclarer  que  «la  cause  est  entendue !».

On peut donc passer au jugement qu’il  faut  accorder à l’expression citée à propos de l’expression «cerise  sur le  gâteau » dans le cadre  de quelques juridictions  d’une  justice  qui, apparemment depuis que la menace de cette pandémie invisible qui avaient  entraîné  des bouleversements indéniables  jusque dans le mode  de  vie  des  habitants  de  tous les  continents  et  jusque sur le  territoire national de la  République de Madagascar. Dans  la  vie  quotidienne de  tous, des  changements ont modifié jusque  dans les  relations  humaines  entre les personnes. Conséquences  et retombées inévitables des mesures strictes prises par le pouvoir public pour deux  objectifs vitaux : d’abord limiter la possibilité  de propagation  du  virus et surtout appliquer des soins médicaux sans  regarder les moyens et sans écarter toutes   chances possibles  afin  de garder vivants les malades frappés par les  effets  nocifs  de la pandémie. Malgré  toute la bonne  foi  et les intentions louables  accompagnées d’actions  sanitaires qui méritent  d’être  saluées des  responsables  étatiques  et des acteurs compétents de la  société civile sincère patriote, nous  sommes  confrontés  aux dérives administratives, professionnelles et sectorielles  déplorables  de  certains milieux et d’une  classe politique irresponsable qui ne pense qu’à pérenniser les  années  folles  des pillages  des  richesses et  de  ressources de  ce  pays. Le plus  grave et le plus ignoble  c’est bien  cette  attitude  de profiteurs  sans scrupules  et d’opportunistes aveuglés par les profits égoïstes  et l’enrichissement illicite. Il ne  faut pas  se leurrer : l’insécurité au  service  de  ces  réseaux de bandits  en  cols blancs à qui le président Andry Rajoelina  et le Premier ministre  Christian  Ntsay livraient  bataille  dans les opérations «zéro impunité» fait  encore des  victimes même dans les  centres urbains  et  surtout  dans  nos  campagnes. Profitant du  fait  que le pouvoir public s’investit à  fond  dans  cette «guerre  mondiale» que personne n’a le  droit  de minimiser, la mafia  des  associations  de malfaiteurs  reprend  du  service. Les exportateurs des trafics  de bois  de  rose,  du commerce prohibé de  zébus volés,  d’or, de  richesses minières  et  des  ressources  halieutiques s’en  donnent à  cœur joie dans les lieux  discrets du littoral avec la  complicité de corruption passive de certains  responsables administratives  et judiciaires. Le plus  grave et le plus  préoccupant, c’est l’implication douteuse de quelques hauts  fonctionnaires  dans  des  filières de la  drogue. Incroyable ! Ernest Lainkana Zafivanona, actuel  Directeur Général des  Douanes  rendrait un  grand  service  au pays en  donnant plus  amples informations  sur une affaire  aussi grave sur le plan national qu’international, aussi  bien que pour le  bon  renom  des  Services  des  Douanes. Le  DG aurait  été obligé d’écourter un  séjour à l’extérieur,  vu l’importance de l’impact juridictionnel du délit.  La mise en  détention  actuellement  dans une prison à Arivonimamo, hors de la capitale d’un Inspecteur  des  Douanes  dernièrement en service à  Antanimena,   et qui  serait suspecté de corruption et  complicité avec la  filière des  stupéfiants  soulève des tas de questions pour l’opinion. Surtout  quand les mauvaises  langues  et les rumeurs font état  de très  fortes  sommes payées quelque part et  que l’auteur principal et trafiquant des produits interdits semblent avoir été  remis  en liberté… Comme cerise sur le  gâteau sur le plan judiciaire, «c’est le plus embêtant, le pire, la goutte d’eau qui fait déborder le vase».   L’Omerta sur un dossier  aussi pourri serait vivement  déconseillé dans un  contexte où le monde  entier a les  yeux  tournés  sur Madagascar après la  fierté que nous accorde le succès  des vertus de nos plantes  médicinales.

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