La Gazette de la grande ile

Fake News : En hausse avec les cas de Covid-19 !

Publié le 20 mai 2020

«Contrairement à de nombreuses impressions, Madagascar ne joue pas au Père Noël avec sa boisson aux herbes COVID-Organics ». C’est l’attaque d’un journal du Nigéria, « The Nation », dans son édition du lundi dernier à propos de la livraison du remède miracle Covid-Organics par la Grande Ile..

Ce journal titre en effet que Madagascar « a demandé au Nigéria de payer 170 000 euros pour le lot livré par le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embalo ». « Embalo, qui a rendu visite samedi au président Muhammadu Buhari à la State House à Abuja, a apporté les médicaments alloués au Nigéria. Le président Buhari a déclaré que le Nigeria ferait passer le médicament par des tests intensifs pour déterminer sa pertinence. « The Nation a signalé qu’une facture avait été livrée avec le médicament ». Madagascar a demandé au Nigeria de payer plus de 170 000 € (N78, 200 000).Nous avons reçu la facture parce que le pays africain nous a fait comprendre que les médicaments ne sont pas distribués gratuitement », a déclaré The Nation citant une source.           Ce journal ne cite pas sa source mais à l’allure des informations livrées dans l’article avec des déclarations de hauts responsables scientifiques du pays, on peut supposer très vite d’où vient l’information. Il faut remarquer que la communauté scientifique du Nigéria et la presse se sont déclarés totalement contre l’importation du Covid-Organics arguant que le Nigéria est scientifiquement doté que Madagascar en infrastructures universitaires et de recherche avec environ 200 universités publiques et privées,  autant d’instituts de recherche et de plantes médicinales. Une forte pression s’est pesée sur le président nigérian qui a fini par accepter la vérification par les Nigérians du Covid-Organics avant toute utilisation. L’annonce de « The Nation » selon laquelle la livraison de Covid-Organics était assortie d’une facture de plus de 170 000 euros est-elle un argument de plus pour refuser la tisane promue par le président Andry Rajoelina ?

Reprise par de nombreux journaux du Nigéria, cette information a été, en tout cas, démentie formellement par la directrice de la Communication de la présidence, Rinah Rakotomanga. Ayant pour principe de « ne pas démentir ce qu’on n’a pas fait », elle a quand même soutenu le contraire parce que nous lui avons « posé la question ». Ce principe respecté à la présidence permet  pourtant toute une série de rumeurs et incite l’opinion à croire tout ce qu’on lit sur facebook et tout ce que rapportent les rumeurs.

Certes, les services de la présidence ne vont pas perdre leur temps à courir les face bookers néanmoins plus le nombre de cas augmente, les fake news ou fausses informations progressent d’une façon exponentielle. D’ailleurs, la logique rend difficile la façon d’expliquer et de  comprendre qu’il y a autant de malades et de décès avec le Covid-Organics. Le président Rajoelina et le Pr Vololontiana ont tenu à préciser que les nouveaux malades (et les décès) n’ont pas pris du Covid-Organics. La presse africaine se pose cependant des questions à ce sujet.

Pour rétablir la confiance de la population malgache mais aussi africaine qui le soutient, il faudrait que le Président de la République s’exprime non plus pour annoncer et promettre quoi que ce soit mais parler d’une façon sincère pourquoi il refuse de divulguer la composition du CVO. Interrogée sur la question, Rinah Rakotomanga nous a répondu « pourquoi Coca-Cola ne le fait pas avec sa boisson » avant de préciser que  « l’évolution technologique est telle qu’on pourrait facilement pirater le CVO ». Avec les nombreux vols de rapatriement à La Réunion et en France, le Covid-Organics n’est-il pas déjà entre les mains des grands laboratoires internationaux ?

Les réponses de ces laboratoires dont les enjeux sont immensément colossaux, risquentde  jouer vitalement pour Andry Rajoelina. Dans son article réservé aux abonnés, publiés hier, « Le Monde » titre d’ailleurs que M Rajoelina joue un coup de poker. Si un des laboratoires africains réfutent donc le CVO et que l’OMS suit, que dirions-nous ?

Sa

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