La Gazette de la grande ile

chronique / Mauvaises idées : Pour le mois de tous les dangers

Publié le 26 mai 2020

Les rédactions  et les analystes  ont  toujours  rabâché  que le mois de  Mai, tout  au long de l’histoire  de  pays a toujours  été le  rendez-vous  cyclique avec des  évènements marquants pour les  dirigeants  et le peuple de Madagascar. Il ne s’agit pas  du  tout  d’une  fixation obsessionnelle morbide sur  des  évènements  qui auraient pu être  évités. Les détenteurs du pouvoir  et les  acteurs politiques  ont  toujours  été  ce qu’ils  sont : dominés par les pulsions qui varient entre l’entêtement à affermir les  acquis institutionnels  d’un côté et l’obsession des  ambitions à profiter de l’alternance  quels que soient les moyens  employés. Ces moments  critiques depuis la monarchie jusqu’à nos  jours invariablement  étaient toujours précédés  d’un préalable  agrémenté «de diffusion de fausses nouvelles, outrage au Gouvernement, tentative de trouble de l’ordre public, incitation de la population à haïr le Gouvernement…» S’ensuivent  après les suites prévisibles pour  ne pas  dire programmées dans le  sens précis d’une succession calculée d’avance par les  cerveaux d’une conspiration.

Les  annales  immortalisent qu’à l’époque  de la  royauté,  en  Imerina il y avait «Rainivoninahitriniony (1824-1868) est un homme d’État. Il fut Premier ministre du Royaume de Madagascar de 1852 à 1861, conjointement avec Andrianisa Rainijohary, puis seul de 1861 à 1864. Rainivoninahitriniony, dont le nom d’origine était Raharo, succède à son père Rainiharo à la même fonction. Auparavant, il avait servi comme général dont le principal fait d’armes était l’expédition de 1852 contre les Antefasy et les Antesaka du sud-Est qui tentèrent de se révolter. Après avoir supplié à genoux le roi Radama II de revenir sur sa décision de légaliser le duel (pour régler les différends entre les individus aussi bien que les groupes), il résolut de prendre la tête du complot visant à l’élimination de celui-ci en mai 1863.(…) Ce régicide et la rigueur de sa politique de redressement finissent cependant par le rendre très impopulaire. Il reste premier ministre et devient l’époux de la nouvelle souveraine, la reine Rasoherina, cousine et ex-épouse du roi Radama II. En juillet 1864, il a dû céder la charge de commandant en chef de l’armée et de premier ministre à son jeune frère Rainilaiarivony. Quelques mois plus tard, en février 1865, accusé d’avoir comploté contre son ex-épouse la reine Rasoherina, il est condamné à l’exil à Ambohimandroso, en pays betsileo et y meurt le 5 mai 1868.». Après les  années  dures  de l’intermède  coloniale, les premières  années de l’Indépendance verront l’avènement d’un nationalisme xénophobe  animé par  les visées ploutocratiques  d’une bourgeoisie qui ne visent  que la main  mise sur le pouvoir  et toute l’économie. Toute  autre exigence politique  n’était  que prétexte pour parvenir à l’exercice  des prérogatives  étatiques verrouillé.

La  conjoncture  ambiante à Madagascar  nous permet  de  saisir  que les prétextes  fallacieux de  redresser la  barre dans un  contexte coincé par les  efforts  de lutte  contre le coronavirus  et les mesures de  redressement qu’exige l’héritage laissé par des  régimes de Marc Ravalomanana et  Hery Rajaonarimampianina ces  artisans de la paupérisation d’un population  appauvrie par une gouvernance  catastrophique  au profit  des  intérêts privés  et des puissants investisseurs étrangers.  Si  depuis quelques semaines  les  bruissements  sinistres  des  rumeurs  de troubles  en préparation polluent le  climat politique  de la capitale, il ne  faut surtout pas  croire  que les « grands perdants » de la  récente  course à la présidence ont pour  autant  enterré la  hache  de  guerre. Il ne  se passe pas une  journée que des signes  et  des  actes  de provocation incitent la masse à une agitation permanente  dont l’unique objectif  serait  de  remettre en  selle des losers  notoires ou pourquoi pas un pantin ou une marionnette  corvéable à merci du genre Rakoto-Ouatara. Mauvaises  idées ! Les trois ou  quatre factions  qui s’y préparent ne pensent qu’à pérenniser le confort égoïste des  trois  « V » (Vola- Voninahitra- V…).Pour les  obsédés du pouvoir pour le pouvoir  tous les moyens  sont  bons.   Quitte à lancer s’il le  faut (pour les  besoins  de la  cause) le nom d’un Premier ministre ou  d’un membre  éminent  du  gouvernement comme appât pour amener les  gogos  et les  dupes à  descendre dans la  rue  afin  de  rééditer ces  émeutes stériles trompeuses qui jusqu’à  ce  jour n’ont fait  qu’apporter le deuil  sous le toit de pauvres  gens et d’éloigner  des  habitants  de  ce pays  « ce matin  radieux » dont ils ont toujours  rêvé  et  tant espéré.

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