La Gazette de la grande ile

Coronavirus : Étranges statistiques …

Publié le 27 mai 2020

La Professeure, doyenne de la Faculté de médecine, a donné aux téléspectateurs des explications sur les statistiques, sur le fait que les personnes testées positives et qui meurent ne le sont pas forcément de Covid-19. Elle occulte totalement la fameuse comorbidité et se lance dans des explications foireuses qui étonnent de plus en plus les téléspectateurs. A priori, les personnes comptabilisées comme cas positif à la Covid-19 sont celles qui ont passé le test et dont le résultat est positif. Toutes ces personnes sont donc supposées être comptabilisées dans la liste des personnes atteintes de Covid-19 citées chaque jour par la professeure doyenne de la faculté de Médecine de Tananarive.

Ces personnes, lorsqu’elles sont guéries, viennent automatiquement  se rajouter au nombre de personnes guéries tel qu’elle le présente aux téléspectateurs, mais restent comptabilisées dans le nombre de cas de personnes atteintes de Covid-19. Si jamais une ou plusieurs de ces personnes meurent, vu qu’elles étaient testées positives et comptabilisées au titre de personnes atteintes de Covid-19,  ces personnes positives et décédées seraient normalement comptabilisées parmi les personnes décédées. Une personne testée positive est comptabilisée dans la liste des cas positifs.  Cette même personne si elle est guérie sera dans la catégorie “guéris”. Cette même personne si elle meurt logiquement sera comptabilisée dans la catégorie “décès”. Mais la doyenne de la Faculté de médecine a une explication qui ne convainc même pas ses étudiants dont beaucoup ne la reconnaissent plus.

A  cela viennent s’ajouter les enterrements à la-va-vite des personnes décédées testées positives au coronavirus mais dont les autres pathologies sont mises en avant. Si réellement ces personnes ne sont pas mortes de Covid-19, pourquoi leur enterrement dont celui qui a eu lieu à Anjanahary au lieu de Faratsiho,  se fait avec toutes les précautions sanitaires et par les agents de l’Etat? Si réellement ces personnes ne peuvent pas être comptabilisées comme mortes de Covid-19, pourquoi ne pas laisser leur famille procéder à un enterrement digne de ce nom? Et même si elles ne sont pas mortes de Covid-19 mais testées positives à la Covid-19, n’est-il pas plus “éthique” de dire aux téléspectateurs qu’on peut supposer qu’elles sont mortes de Covid-19 d’où la spécificité de leur enterrement ?

Cela fera encore plus réfléchir ceux qui douteraient encore de la pandémie et de ses conséquences,  cela fera prendre encore plus conscience les gens du danger, ce qui les poussera à redoubler de vigilance…d’autant que la Ministre de la communication,  Professeure Lalatiana comme les médecins la surnomme, a annoncé clairement que les malades ont le choix de prendre ou pas le remède déclaré aux yeux du monde comme curatif. Si la professeure doyenne croit en ses explications,  tant mieux pour elle, mais il est dommage qu’avec ses explications elle perd l’estime de ses pairs médecins.

Le plus sidérant c’est que dans le giron au plus haut niveau de l’Etat, on se fait avoir sur cette question de statistiques. Rinah Rakotomanga la super-directrice de la Communication et une certaine Sahondrarimalala directrice des études juridiques étaient invitées chez TV Plus dans l’émission dominicale « Don-dresaka » sur la gestion du coronavirus. Interrogées sur le nombre de tests réalisés au nombre d’environ 6000 en chiffre cumulé depuis mars alors qu’on a fait passer le test aux 5000 voyageurs arrivés par les vols aériens, les avocates patentées n’ont rien trouvé à répondre que des explications non convaincantes sur les tests TDR et PCR. Finalement, Rinah Rakotomanga a, comme à ses habitudes botté en touche en accusant celle qui a posé la question, la Députée Lanto Rakotomavo et conseillère du président du Sénat Rivo Rakotovao, qu’elle est de l’opposition. Est-ce à dire que l’opposition n’a pas à demander pourquoi cherche-t-on à cacher des évidences ?

Cette émission a été enregistrée le vendredi sinon la députée aurait aussi demandé la raison exacte du décès, dimanche, du médecin-chef de l’hôpital kely de Toamasina. Admis à l’hôpital manara-penitra pour contamination au coronavirus, la raison officielle qu’on donne est le suicide. Peu ou prou de personnes le croient, y compris ses collègues. Il est, en effet, difficile de se suicider à l’aide d’un drap enroulé dans une salle qui n’est pas dotée d’une assez grosse agrafe pour l’accrocher, dit-on. Ce décès comme celui du père de famille enterré au cimetière d’Anjanahary mais décédé à Toamasina, ces statistiques bizarres et la poursuite des tests, c’est l’Institut Pasteur de Madagascar malgré les accusations graves qu’on lui a faites et le non-recours au laboratoire de l’IMM à Ampefiloha (parce que cet institut médical a été construit sous Marc Ravalomanana ?) sont à l’origine de bien de rumeurs et commentaires malveillants pour le régime. Ne l’entend-on pas dans la tour d’ivoire ?

La Rédaction

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