La Gazette de la grande ile

Décès d’un médecin à Toamasina : Le Pr Ralandison déferré au parquet ce matin

Publié le 29 mai 2020

Suite au décès du médecin chef de l’hôpital situé près de la Gare de Toamasina, le Pr Stephan Ralandison a été arrêté hier matin par des gendarmes.  Ce spécialiste en rhumatologie et doyen de la faculté de médecine de Toamasina est le responsable de la gestion de l’épidémie de coronavirus à l’hôpital manara-penitra.

C’est dimanche dernier qu’est survenu le décès de ce médecin qui a été introduit la veille après avoir été contaminé par le virus. D’après les témoignages des médecins de l’hôpital, le Pr est arrivé comme tous les jours de beau matin même si c’était un dimanche. Après avoir lu le rapport des médecins de garde et la réunion avec l’équipe du jour,  le Pr Ralandison a d’abord voulu voir son collègue hospitalisé avant de commencer sa visite. Quel ne fut cependant sa surprise en ouvrant la chambre de son collègue.  C’est le corps de ce dernier suspendu  par un drap à la tuyauterie d’alimentation de gaz qu’il découvre. Sa première réaction fut de crier et appeler au secours. Des paramédicaux n’ont pas eu le temps de mettre des protections pour entrer dans la chambre où le médecin était seul, nous rapporte-t-on.

Depuis, l’affaire est entre les mains des forces de l’ordre. Les médecins de garde et les paramédicaux de service ont été entendus comme d’usage. Mardi, lors de sa visite à Toamasina,  le président Rajoelina  aurait rencontré la famille du défunt et lui aurait annoncé qu’il s’agit bien d’un meurtre. D’après ses collègues, c’est cette accusation qui pèserait sur le Professeur.

Hier matin, la plupart des médecins de Toamasina étaient venus assister leur chef à la Gendarmerie où il a été entendu. « C’est un professeur très estimé dans la profession.  Il a de la rigueur mais c’est un homme très aimable », rapportent encore les témoignages du corps  médical. D’après ce dernier, le Pr a été libéré vers 16 heures. « Sans doute pour disperser la foule de médecins et paramédicaux   mais d’après les rumeurs il a été de nouveau arrêté chez lui peu de temps  après. Finalement, il a été libéré parce que le corps s’est de nouveau mobilisé ». Les médecins de la ville et les personnels des hôpitaux n’ont cependant pu rien faire car les rues menant à la Gendarmerie ont été bloquées par des camions remplis de forces de l’ordre. Voulant certainement éviter le pire, celles-ci  ont visiblement voulu jouer la détente en libérant le Pr Stephan Ralandison.

Toujours d’après nos sources, ce dernier devra cependant se présenter ce matin au parquet où il sera déferré. Ce que les personnels des hôpitaux de la ville et plus particulièrement  ceux de l’hôpital manaram-penitra trouvent injuste. « Il est disponible 24 ha sur 24 et  chaque jour, il vient à l’hôpital de très beau matin. Pour quelle raison et pour quel intérêt il aurait tué un collègue du travail ? », s’insurgent des médecins qui «s’indignent qu’on nous traite de cette façon alors que nous travaillons de jour comme de nuit comme des forcenés ».

Demain, les médecins comme les paramédicaux sont d’ailleurs invités au parquet du tribunal de Toamasina avec leur blouse blanche pour marquer leur solidarité avec le Pr Ralandison. Personne ne pourra prédire ce qui se passera demain à Toamasina. Avec le serment qu’ils ont fait et malgré leur grogne pour manque de moyens et de considérations, les médecins ne vont certainement pas abandonner les malades. Par contre, une réaction orchestrée par la socièté civile ou les politiques de la ville doit être prévenue par les autorités.

La raison est simple : on croit, à tort ou à raison, que l’arrestation du Pr Stephan Ralandison est purement politique.  Certains croient qu’il est membre du parti HVM parce qu’il a eu son agrégation du temps de Hery Rajaonarimampianina. Par ailleurs, il s’est montré contre l’utilisation du Covid-Organics parce que la boisson n’a pas suivi le processus scientifique normal. Il l’a d’ailleurs exprimé publiquement et le lendemain de l’arrivée du président Rajoelina à Toamasina, le 06 mai, où ce dernier a remis le CVO, le Pr Ralandison a ordonné les médecins de distribuer les sachets de CVO avec les boulloires dans les chambres de malades en disant à ces derniers qu’ils peuvent préparer eux-mêmes leur remède amélioré s’ils le veulent.

En tout cas, la tension à Toamasina doit être gérée par le gouvernement. Certains politiciens parlent de confinement des idées. A tort ou à raison, on parle des cas du Pr Razanaparany et du Pr Rafolo et aujourd’hui de Ralandison. Le pays n’aime-t-il pas les professeurs qui représentent la matière grise pour le développement du pays ?

Sa

Lire aussi