La Gazette de la grande ile

Air Madagascar : une société mère a qui on a fait perdre sa raison d’être

Publié le 08 juin 2020

Depuis 2013, année où l’on enlevait à Air Madagascar l’Assistance au Sol (Handling) dénommée MGH, jusqu’à ce jour où cette Société dont l’Etat est majoritaire, Air Madagascar s’est faite dépouiller et déposséder de ses biens aux bénéfices des Tompomenakely dérivés d’Air Austral. La situation d’une descente aux Enfers est plus que probable pour la compagnie Nationale, Fleuron et fierté de l’Etat Malagasy.

La vraie question qui se pose est,  Est-ce que  l’Etat est vraiment prêt pour la vraie restructuration de la Compagnie ?  Le Président de la République est-il vraiment impliqué dans le développement et la restructuration de Notre Compagnie Nationale ? Est-il informé des Dangers qui guettent Air Madagascar ?  Car si l’Etat affirme sa volonté de redresser, la situation actuelle confirme le contraire. Avant la crise du Covid 19, la collaboration avec Air Austral pendant trois ans s’est soldée d’un Bilan catastrophique de -102 milliards d’Ariary. En effet la mascarade perpétrée par l’Ancien Régime en acceptant  Air Austral dans l’Exécutif de la Compagnie Nationale n’a fait que confirmer  les doutes émis à l’endroit de ce partenariat.

Martelé et confirmé par les Contractants à savoir l’Etat Malagasy (Ancien régime) et Air Austral, que cette dernière est détentrice de 49% des parts d’Actions. Pourtant, elle n’y avait investi qu’une part minime de  2 millions de dollars maximum équivalent de 7%. Les autres parts ont été apportées par d’autres entités dont la Cnaps (environ 11 millions de USD) et un autre investisseur (environ 2Millions de USD), pour un calcul élémentaire le Total approximatif qui  atteindrait seulement les 15%.  Air Austral devait encore apporter 25millions d’ USD pour pouvoir atteindre les 49%, alors pourquoi avait-on  donné à Air Austral le droit de Gérer la compagnie Nationale? A qui profite le crime ?

En trois ans de partenariat, Air Madagascar s’est vue davantage démembrée de ses moyens. Ses branches Extérieures Europe – Asie –Océan Indien et autres… ont toutes  été détruites et démantelées aux profits d’Air Austral, les Agences fermées, les employés forcés d’intégrer Air Austral avec une dégradation en termes de Fonction, et ceux qui ne voulaient pas y aller ont été sèchement licenciés économiquement. Les systèmes de contrôle des activités et des Ventes sont dirigés par Air Austral et les ventes extérieures ne vont plus directement dans la Caisse de la Compagnie Nationale.

Bien qu’Air Madagascar demeure une petite compagnie, la filialisation du réseau intérieur a été aussi actée et forcée. Ce qui explique le gouffre dans le compte de résultat de la compagnie Nationale. Car le fait d’avoir enlevé le réseau domestique qui auparavant contrebalançait les pertes accumulées dans les autres réseaux Longs courriers et Régionaux, augmenterait automatiquement l’écart dans le compte de Résultat. N’oublions pas que depuis belle lurette Air Austral  souhaitait opérer dans le réseau National Malgache et en le filialisant en créant TsaraDia ils ont mis leurs pattes dans le système.

Mais le massacre n’en restait pas là, en début 2019, Air Madagascar a été forcée à acquérir les Vieux avions d’Air Austral. Deux ATRs  plus vieux que ceux utilisés par Air Madagascar initialement. Ces avions arrivaient dans les Hangars d’Air Madagascar avec leurs problèmes techniques tellement graves que les techniciens d’Air Madagascar se demandaient pourquoi un tel Forcing. Pour la petite histoire, ces avions ont été utilisés pas EWA AIR filiale d’Air Austral à Mayotte, et vu leurs problèmes graves récurrents, Air Austral a décidé de ne plus les utiliser,  et par la même occasion elle a détourné   les deux nouveaux ATR72-600 anciennement commandés par Air Madagascar, et a décidé d’envoyer ces Deux Aéronefs agonisants et  en Fin de vie à Air Madagascar. Alors là,  imposée par les Dirigeants d’Air Austral,  la Restauration de ces deux Avions ont été opérée pendant environ Un An, avec bien sûr Air Madagascar qui casque toutes les dépenses. Une fois les travaux terminés, ces avions ont été  directement assignés à la filiale TsaraDia en Location à Air Austral d’un montant d’environ 65 000 Dollars mensuel.

 Parlons-en du Management de la Société Nationale, Tous les Dirigeants ont été désignés par la Société Réunionaise, du  Directeur Général  et  Trois Directeurs Généraux Adjoints et le secrétaire Général, en camouflant et en passant  leur recrutement par un intermédiaire dénommé HK LAB. Des recrutements initiés et dirigés par Air Austral au détriment d’Air Madagascar car fallait-il préciser que c’est la Compagnie Nationale qui paie tous les frais relatifs à ces recrutements ? A savoir leur salaire, leurs voitures de Fonction en location, leur loyer (Villa Haute Standing -JIRAMA – Gardiennage – Meubles et Equipements – Voyage – Connexion Internet Etc…), allez savoir combien Air Madagascar paie pour cela, en outre, pendant trois ans Air Madagascar était contrainte de payer aussi à Madev (Mascareigne Développement) une somme de 100 000 dollars mensuel pour leur soi-disant service.

Mais les recrutements Externes ne se sont pas limités là, ça a continué dans les différentes directions où ils ont mis leurs pions à Eux notamment dans les Directions Commerciale, Financière et dans la Filiale. Des postes tellement inutiles qui ne servent qu’à alourdir l’Organigramme de la Compagnie Nationale, car extrêmement Budgétivores.

Qu’est-ce qu’on attend de l’Etat actuellement ?

Le régime actuel semble vouloir apporter un vent de changement, mais bute sur plusieurs points et questions

–           La personne  désignée à résoudre le secteur aérien est-elle vraiment la bonne ? Sa compétence est-elle à la hauteur de ce défi ?

–           Les conflits d’intérêts

–           Les lobbyings de partout

–           Les manœuvres perpétrées par Air Austral

–           L’incapacité d’accélérer les procédures de mise en place du nouveau CA et Direction Générale

Avant la crise du COVID19, les deux Airbus  étaient déjà immobilisés, l’un à Châteauroux pour maintenance et changement moteurs, l’autre à Antananarivo sans moteurs  (trois moteurs défaillants)

Il n’est plus utile de rappeler que la Crise sanitaire a enfoncé toutes les compagnies aériennes dans le monde, mais  qu’en est- il pour Air Madagascar ? Avec  102 Milliards d’Ariary de perte avant la crise, cette somme doit être Deux  ou Trois fois  plus à l’heure on l’on parle, et si des mesures ne sont pas prises dans les prochains jours, la Compagnie Nationale coulera.

La moitié des Dirigeants actuels au sein de la compagnie sont toujours ceux recrutés par Air Austral et ne font qu’à leur tête pour appliquer à tout va le système voulu par la compagnie Réunionaise.

Que peut-on espérer de ces dirigeants là ? Rien. Garder  un système, un mode de gestion  qui ont amené la compagnie dans un gouffre ne fera qu’enfoncer davantage la compagnie nationale et d’alourdir les pertes.

Plusieurs vols de rapatriement ont été opérés ces derniers jours, amenant des passagers de Madagascar vers des pays Etrangers, et plusieurs encore seront opérés dans les prochains jours, mais qui en profiteront ? Les compagnies étrangères telles qu’Air France, Air Austral, Ethiopian Airlines.

Des Vols Cargos s’opèrent à l’International  Air France – Turkish Airlines –Ethiopian Airlines exploitent la Destination Madagascar, mais Air Madagascar brille par son absence.

Certains diront certainement que Tsaradia opère, mais opère pour qui ? Car si selon les dires, cette filiale a obtenu la confiance des bailleurs, tandis que la Maison mère qu’est Air Madagascar reste clouée au sol avec son personnel  délaissé dont le salaire est impayé, et les avions inopérants.

Alors s’il vous plaît arrêtons le massacre d’Air Madagascar. Il est grand temps de penser à sa restructuration.

–           Accélérez la finalisation de la séparation avec Air Austral

–           Arrêtez la comédie avec les Sbires restants d’Air Austral

–           Séparez-vous des Dirigeants désignés par Air Austral, Osez faire le pas

–           Mettez les personnes qu’il faut pour la diriger quitte à mettre en place un collège de dirigeants pour assurer la transition vers les Nouveaux

–           Gestion de la crise sanitaire

Les non fossoyeurs d’Air Madagascar

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