La Gazette de la grande ile

Loi rectificative de Finances  amputée de 50% : Sabotage des techniciens originaires du Betsileo ?

Publié le 11 juin 2020

Andry Rajoelina aura de sérieux problèmes s’il s’amène avec le projet de loi rectificative de Finances (LFR) concocté par les techniciens, devant les opérateurs, les syndicats et la société pour discuter du plan multisectoriel d’urgence. A coup sûr, on dirait que le chef de l’Etat n’est pas sérieux en proposant la relance économique avec un budget rectificatif amputé de 50% par rapport au budget primitif.

Avec des pertes d’environ 2000 milliards ar au niveau des recettes fiscales et une hausse des dépenses sociales et des transferts, il est évident que la loi rectificative des Finances doit être remaniée suivant les réalités et les priorités. Il était d’ailleurs convenu lors de la réunion de cadrage de la LFR à l’Assemblée nationale, le 29 avril dernier, que les dépenses sanitaires et compensatoires des effets socioéconomiques de la pandémie figureront parmi les priorités des priorités et que les autres dépenses’non prioritaires vont être programmées pour l’année prochaine.

Quelle ne fut cependant la surprise du ministre de l’Economie et des Finances, Richard Randriamandranto, en constatant avec ses collègues du gouvernement la solution de facilité prises par ses techniciens, notamment le Directeur général des finances et des affaires générales (Dgfag), Oliva Randimbiarison à qui on a confié le bouclage du dossier. Las peut-être d’arbitrer les rajouts et les amputations entre les différents ministères ou incompétence totale? En tout cas, il s’est contenté d’amputer de 50% le budget de tous les ministères. Et ce responsable de la loi de Finances qu’avec un budget amputé de la moitié des allocations initiales, il espère relancer l’économie, faire face aux urgences sociales qui ne font que s’amplifier et continuer de lutter contre le coronavirus dont le nombre ne cesse d’augmenter comme si on ne fait que commencer à faire face à la pandémie.

Les observateurs avertis pensent plutôt à un véritable sabotage contre le ministre Richard Randriamandranto. Aucun de ses proches collaborateurs n’ignore, en effet, que le Grand Argentier ne cesse de chercher des financements et pour l’Etat et ses finances publiques  et pour le secteur social dans l’ensemble en négociant des prêts car notre taux d’endettement est jugé encore faible par les bailleurs de fonds et des effacements de dettes. Les signes positifs reçus par le ministre sont autant d’indices sur les chances de recevoir des financements extérieurs pour la relance économique, pourquoi M. Randimbiarison n’a-t-il pas osé présenter un budget rectificatif correspondant aux besoins en creusant le déficit?

Les mêmes observateurs rappellent que ce n’est pas la première fois qu’on trahit la confiance du ministre. La précédente, c’était des techniciens originaires du pays betsileo comme le Dgfag. Le personnel de ce ministère fait d’ailleurs remarquer que si ce secteur était contrôlé par les Rainizafimanga  la plupart des hauts responsables du ministère sont aujourd’hui originaires du pays betsileo. Et apparemment, ils tenteraient d’isoler le ministre. Et il est de notoriété que le Dgfag Randimbiarison est le protégé de Christine Razamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale et de l’association des natifs de Fianarantsoa.

Juriste de formation, Mme Razanamahasoa n’est peut-être très calée en économie mais elle même n’inviterait pas ses collègues député à voter cette loi rectificative qui ne tiendra pas la route. Que le ministre Richard Randriamandranto rectifie donc cette LFR bidon et qu’on lui donne carte blanche pour finaliser les financements extérieurs sans lesquels Madagascar coulera pour de bon.

Lola Rasoamaharo

Lire aussi