La Gazette de la grande ile

Paramédicaux : Le syndicat lance une procédure d’alerte

Publié le 11 juin 2020

Le combat du personnel soignant continue. Outre la guerre commune contre le coronavirus, ils se battent aussi pour leur droit à la sécurité. Un droit qui consiste grosso modo à opérer dans un environnement sûr. Dans le cadre de la lutte contre le coronavirus et la prise en charge des patients atteint du virus, leur combat consiste à l’équipement en protection, la formation et certains avantages financiers. Pour le moment, ces droits ne sont pas encore acquis. Face à cette situation, le syndicat des paramédicaux hausse le ton. « A plus de 70 jours en lutte contre cette pandémie, on n’a toujours pas des plans d’action sérieux. Cela revient à sacrifier le personnel soignant », martèle Jerison Ralibera, président national du syndicat des infirmiers et sages-femmes de Madagascar (SISFM). Effectivement, plusieurs membres du personnel soignant ont été testés positifs au coronavirus. Plusieurs autres dizaines attendent encore le résultat de leur test. « Sans omettre le décès d’un des nôtres », souligne Jerison Ralibera. Il est à rappeler qu’un paramédical a succombé à la Covid-19 mi-mai.

Il va sans dire que l’Etat ne s’est pas du tout préparé à cette lutte qui est trop importante pour Madagascar. Pour preuve, la capacité d’accueil des hôpitaux est atteinte à peine 200 patients pris  en charge. Les stratégies de riposte étaient aussi fortement critiquées par le président du SISFM. Il convient aussi de noter que dès le début de la pandémie, jusqu’à ce jour, les équipements de protection individuelle (EPI) sont en manque, voire même inexistants. Il en est de même en ce qui concerne la formation du personnel soignant sur ce virus qui leur est tout à fait nouveau. Ce sont ces deux points, les EPI et la formation qui feront en fait l’objet de l’alerte que lance le syndicat des paramédicaux. Le SISFM lance ainsi un mouvement de mobilisation de tous les paramédicaux afin d’alerter les autorités sur leur situation.

Pour Antananarivo, le mouvement aura lieu au HJRA Ampefiloha ce vendredi. « Il ne s’agit en aucun cas de grève », souligne Jerison Ralibera. Il rassure également que le Premier ministre et la direction du HJRA sont déjà informés de ce mouvement. A lui aussi de rapporter que les rencontres avec le ministère de tutelle ont été infructueuses bien que des efforts aient été aperçus. « On a également demandé une audience avec le Président Andry Rajoelina le 12 mai, mais en vain jusqu’à présent », précise-t-il. Le président du SISFM regrette le fait que même l’hôtel de certains cas suspect ont été pris en charge par l’Etat alors que ce dernier n’a rien fait pour la sécurité du personnel soignant qui est réquisitionné d’office en cette période de crise.

A.N.

Lire aussi