La Gazette de la grande ile

Fédération Malgache de Football – Note d’intérim : Nulle et non avenue

Publié le 29 juin 2020

Nouveau rebondissement dans les affaires de la Fédération Malgache de Football (FMF).

En effet, quatre mois après sa fuite et le lancement de son avis de recherche par le Bureau anti-corruption (BIANCO), le 26 février dernier, le Président de la FMF, Arizaka Rabekoto Raoul est sorti de son silence et s’est manifesté pour exercer de ce qui reste de son pouvoir au sein de la FMF, en adressant une note d’intérim à son Secrétaire Général, également, sa dame de main et sa dame de confiance à la fédération. Une note d’intérim en application de l’article 43 du statut de la FMF : Cas de vacance ou d’empêchement. Les dispositions de cet article 43 stipule que : « En cas de vacance ou d’empêchement dûment constaté du président, ses fonctions sont exercées par le vice-président ». Mais d’ores et déjà, et de l’avis de nombreux observateurs de la vie sportive, force est de penser que cette note d’intérim est nulle et non avenue pour plusieurs raisons

Disposition floue

Primo, pour bon nombre d’observateurs, cette disposition de l’article 43 du statut est floue concernant la désignation de l’intérim. Cet article 43 stipule que : «  l’intérim sera assuré par le vice-président ». Pourtant, il y a trois vice-présidents au sein de la  FMF, ledit statut ne stipule pas le 1er vice-président ou autres. Pour respecter la démocratie, de l’avis des observateurs de la vie sportive, la logique veut qu’il y ait une élection entre les trois vice-présidents de la FMF pour désigner celui qui va assurer l’intérim.

Limitation étrange et suspecte

Secundo, selon ladite note d’intérim révélée par un quotidien en langue malgache de la place, le Président de la FMF a désigné son premier vice-président, en l’occurrence, Victorien Andrianony pour assurer l’intérim dans la gestion des affaires courantes de la fédération. La particularité de cette note est que le président de la fédération a limité le pouvoir du vice-président à exercer son droit uniquement sur l’étendue du territoire national, une limitation à la fois étrange et suspecte.

Risque d’arrestation pour complicité

Tertio, autre anomalie et la plus grave, selon les dispositions de la note d’intérim en question : « Pour assurer le bon fonctionnement de la FMF, il (le premier vice-président) doit se référer au président d’une manière permanente en utilisant les canaux de correspondance disponibles selon les avancées technologiques … ».

D’aucuns sont sans savoir que le président de la FMF, Arizaka Rabekoto Raoul fait l’objet d’un avis de recherche lancé par le Bureau anti-corruption (BIANCO) le 26 février dernier. Même s’il n’est pas encore condamné comme n’a de cesse avancé ses partisans, il est déjà « WANTED » vis-à-vis de la loi malgache. De plus, dans les dispositions de cet avis de recherche, il est bien stipulé que : «  Le BIANCO prie toute personne en possession de renseignements le concernant de contacter les numéros : +261 20 20 459 52, +261 20 22 489 82, +261 22 02 002 96, +261 33 54 600 00…».

Vu sous cet angle, on voit mal le premier vice-président s’aventurer à entrer en contact permanent avec le président en fuite sans risque de s’attirer les foudres du BIANCO et d’être frappé de complicité.

Recevabilité remise en question

Quarto, un autre point évoqué par les observateurs de la vie sportive après avoir pris connaissance de cette note d’intérim est la recevabilité de ladite note. De l’avis de ces observateurs, le président de la FMF en fuite et devenu « WANTED » n’est pas démissionnaire de la présidence de la fédération. De ce fait, cette note d’intérim n’a pas raison d’être. S’il a déposé en bonne et due forme sa démission avant de quitter le pays dit-on, cette note d’intérim est recevable. Ce qui n’est malheureusement pas le cas.

Deux plaintes on semblables

Quinto, pour discréditer certains membres du comité exécutif demandant l’éclaircissement de la situation du président de la FMF avant de continuer  de se collaborer avec lui, les partisans du président de la fédération ont fait état de dossier donné à la FIFA. Ceci, pour dire que dans cette affaire de la FMF, tout le monde n’est pas blanc comme neige. Mais il faut savoir que les deux dossiers en question ne sont pas semblables. Pour certains membres du comité exécutif, la plainte a été déposée par l’ancien vice-président de la FMF, Doda Andriamiasarisoa à l’issue de l’élection avortée de Sambava. Une plainte classée sans suite selon une source digne de foi et qui n’a pas été affectée le casier judiciaire et le fameux bulletin numéro 3 des membres en question contrairement, à la plainte du président de la FMF. Une plainte déposée par l’Etat, représenté par le Bureau anti-corruption est suivie d’un avis de recherche de l’accusé.

Avis de droit

Sexto, selon une source digne de foi qui veut garder l’anonymat, en attendant la saisie par le ministère malgache de la justice de l’Interpol (La Police Internationale) d’ici peu, une saisie faisant suite à la relance de l’avis de recherche du BIANCO, les membres du comité exécutif (CE) de la FMF envisagent sérieusement dans les prochains jours de saisir le ministère de la Justice pour demander à ce dernier : « Un avis de Droit » de pouvoir continuer à collaborer et se communiquer avec le président de la fédération, étant donné les dispositions de l’avis de recherche lancé contre lui. Ceci, dit-on, afin de répondre à la demande des représentants de la FIFA, en les personnes de Veron Mosengo et Sarah Solémalé, lors de la dernière séance de visioconférence des membres du CE avec ces derniers.

Mauvaise foi avérée

Septimo, pour barrer la route aux initiateurs du changement au sein de la FMF, les partisans du président Arizaka Rabekoto Raoul brandit la menace de sanction de la FIFA en épouvantail. Une instance du football mondial qui n’est pas dupe.

En effet, dans la semaine du 15 juin dernier, par deux fois, les deux représentants de la FIFA, Veron Mosengo et Sarah Solémalé ont demandé à la FMF de tenir une réunion en visioconférence avec les membres du comité exécutif (CE) pour pouvoir s’informer de la réalité de la fédération. Malheureusement, ces deux réunions en visioconférence n’ont pas  eu lieu. Pour cause, selon une source digne de foi, la mauvaise foi avérée de l’administration de la FMF dirigée par son Secrétaire Général.

D’après notre source, cette administration a fait de la rétention d’information lorsque les représentants de la FIFA ont envoyé un e-mail pour demander ladite réunion en visioconférence. Seuls trois membres du comité exécutif sur les dix qui composent le CE ont reçu ledit e-mail. Ces trois membres sont les partisans du président de la fédération. Les sept autres membres du CE ont été boycottés. Une mauvaise foi qui a indigné les deux représentants de la FIFA, Veron Mosengo et Sarah Solémalé. Ces derniers, selon une source généralement informée, pour contrecarrer cette mauvaise foi avérée, ont demandé l’adresse e-mail personnel de tous les membres du comité exécutif pour les prochaines réunions avec la FIFA en visioconférence.

Rien à voir avec les Barea

Octavo, actuellement, visiblement à court d’argument de défense, les partisans du président de la FMF, brandit en épouvantail la menace de sanction de la FIFA et la suspension et de la FMF et des Barea de Madagascar. Selon quelques membres du CE que nous avions contacté pour confirmer l’éventualité d’une telle sanction, à ces derniers de rétorquer que cette affaire à la tête de la FMF n’a rien à voir avec les Barea de Madagascar. Ce sont deux choses littéralement différentes. Pour conclure et eu égard à tout ce qu’on vient de relater, force est de penser qu’en ce qui concerne la FMF, la voie est désormais sans issue pour le président Arizaka Rabekoto Raoul. Le mieux  qui reste à faire pour lui c’est de renoncer au baroud d’honneur et de rendre les armes. Ce faisant, il laisse la place aux autres de gérer eux mêmes leurs affaires internes dans le strict respect de la démocratie, pour l’avenir du football malgache.

F.A.R

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