La Gazette de la grande ile

Après la pandémie : L’industrialisation automobile est-elle une priorité ?

Publié le 30 juin 2020

«Quand le film est triste, ça me fait pleurer » chantait Sylvie Vartan il y a des lustres. Je ne suis plus d’humeur à me fâcher sur quoi que ce soit. J’espère seulement que chacun fasse de son mieux pour faire face à cette pandémie qui menace notre famille, nos amis, nos compatriotes et l’humanité. L’arrivée de ce fléau dans nos contrées respectives, n’est actuellement qu’une évaluation objective  des vraies valeurs dans tous les domaines de ce monde. En effet, depuis quelques temps l’évolution planétaire avance en crabe, c’est-à-dire que des domaines d’activité ont pris le pas sur d’autres, et une remise à niveau d’ordre agnostique qui s’est fait par le biais de la santé mondiale est venue pour la sensibilisation de ce déséquilibre sur tous les plans.

Saurons-nous tirer leçon de cette pandémie qui a chamboulé toutes nos valeurs ? Si tel est le cas, on ne doit pas s’accrocher aux décisions prises d’avant le coronavirus (CF : IEM) pour se réajuster aux nouveaux paradigmes émanant de ces nouvelles réalités : sanitaires, financières, écologiques, environnementales et socio-économiques. Bien sûr que l’IEM a été pensé et cogité par des techniciens de valeur   qui maîtrisent leurs domaines, bien sûr que le temps qui passe est en leur défaveur, mais la question politique est : est-ce le moment opportun pour faire de l’industrialisation automobile ?  Quand dans la bonne gouvernance l’intérêt général doit prendre le pas sur celui du particulier, c’est-à-dire que plus de vingt millions de Malgaches en  situation de détresse ne doivent subir les intérêts d’une oligarchie n’avantageant que 2000 personnes.

La réaction intelligente qu’on pourrait adopter vu tous ces changements au niveau de la base de raisonnement, est de s’adapter aux nouvelles données par une réunion de tous les protagonistes. Il est à craindre qu’une mauvaise analyse de la situation actuelle faite dans la précipitation, peut faire rater notre départ pour un nouvel ordre socio-économique mondial. Alors il faut oser se resituer en ravalant un peu sa fierté et son orgueil, pour remettre sur les bons rails ces projets créateurs d’emplois et valorisant sur le plan africain. Prendre juste un peu de recul est nécessaire car Madagascar est aux abois, alors au sortir de ce fléau, « il ne faut pas mettre la charrue devant les bœufs » dit un proverbe malgache. La dimension politique ne doit pas être occultée dans la priorisation des actions futures de l’Etat. Effectivement la vérité d’avant le coronavirus n’est plus celle d’aujourd’hui, où plus d’une vingtaine de millions de pauvres gens est, non seulement en situation de survie, mais aussi en situation d’attente de plus de soutien financier du gouvernement,  dans son fol espoir de relance économique.

Une belle opportunité se présente actuellement du fait que les Malgaches dans sa large majorité, acceptent de se plier aux lois et aux règles sociétales qui les gouvernent. De ce fait, le pouvoir en place doit tirer profit de ce bel état d’esprit pour exiger plus de respect aux décisions administratives, afin que nous revienne l’Etat de droit.

Max Randriantefy

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