La Gazette de la grande ile

Les compatriotes bloqués à l’extérieur : Cadet des soucis de l’Etat

Publié le 02 juillet 2020

On a beaucoup pointé du doigt l’autorisation des trois derniers vols au mois de Mars venant de l’hexagone comme ayant apporté les premiers cas de coronavirus à Madagascar et surtout la désorganisation totale du moment, entre autres le confinement à domicile et le non respect par beaucoup du confinement à domicile.  Ce fût une catastrophe car rien au final n’a été organisé. Catastrophe également pour tous  nos compatriotes bloqués à l’étranger puisque la fermeture du ciel aérien pour les vols commerciaux a été faite presque du jour au lendemain.

Des étudiants y sont bloqués alors que les universités sont fermées,  des familles vivent une séparation lourde psychologiquement et financièrement car un de ses membres n’a pas pu prendre au pied levé les trois vols programmés,  des situations insupportables sont venues se greffer dessus… mais rien du côté du gouvernement malgache. Il est évident que les critiques relatives aux derniers vols du mois de mars nécessitent une prise de conscience honnête de la part de l’Etat quant à une incompétence flagrante et un manque total de préparation malgré la prétentieuse déclaration du “on est prêt ! L’Etat est prêt à faire face au Coronavirus” puisque les dirigeants n’étaient pas prêts et ils ont géré la situation au jour le jour de façon très souvent irresponsable.  Au bout de trois mois, personne n’est donc capable à ce haut niveau de l’Etat de mettre en place une stratégie,  un protocole pour permettre à ces compatriotes qui sont bloqués à l’extérieur de rentrer au pays ? Ou justement rien n’est maîtrisé que les faire revenir rajoutera encore plus aux difficultés déjà existantes ? Mais ces gens là,  comme ceux sur place,  souhaitent aussi être avec leurs parents, avec leurs enfants,  être au milieu des leurs d’autant que les représentations diplomatiques malgaches à l’extérieur n’aident en rien les compatriotes bloqués là bas.

Va-t-on attendre de voir nos compatriotes vivre misérablement,  déprimés,  tombés malades avant de se rendre compte qu’il est du devoir de l’Etat de protéger ses ressortissants et les laisser livrés à eux mêmes dans un pays étranger ce n’est ni plus ni moins qu’une défaillance de l’Etat.  Imposer une mise en quarantaine de ces personnes dans ces innombrables hôtels aux alentours de l’aéroport qui ferment leurs portes devrait être le minimum que l’Etat fasse pour ses ressortissants.  Mais il est clair que le souci est plus sur comment faire redémarrer les activités touristiques plutôt que comment aider les compatriotes bloqués à l’étranger.

D.R.

 

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