La Gazette de la grande ile

Chronique : Le style Ratsirahonana, La manipulation dans toute sa splendeur

Publié le 02 juillet 2020

Le  vendredi 26 juin 2020, en  s’adressant à la presse lors la cérémonie  officielle de la célébration du Jubilé Diamant de l’indépendance de Madagascar, l’Amiral Didier Ratsiraka, ancien  Chef d’Etat à condamner cette tendance de la  classe politique de notre île de recourir à l’émeute insurrectionnelle pour  arriver au pouvoir. Avec tous les préalables de la déstabilisation qui vont avec  et qu’Andry Rajoelina le  6ème président de la  République élu  avait fustigé au début de son  discours ce jour-là avec le holà très explicite  «Ampy izay!» (répété trois fois).  Tout au long  de l’histoire  de  ce pays depuis la monarchie jusqu’avant la prise de pouvoir par le général Gabriel Ramanantsoa  et les officiers de son  entourage l’intrigue de palais  était la  voie la plus utilisée pour faire  tomber un  régime.

Héritier spirituel et spécialiste notoire de l’alternance extraconstitutionnelle sous le  signe d’une forme de démocratie populiste par la manipulation, Norbert Lala Ratsirahonana avait traversé les 6 décades de la vie politicienne de  ce pays  avec un brio méprisable indéniable.  Il possédait avec perfection  ce  talent de  réussir à toujours  se  trouver à la place  qu’il  faut au moment  qu’il  faut  (ce fameuse position de « the right man in  the right man»  si  chère aux  analystes  anglo-saxons…Rasant les murs des postes des  décideurs après avoir fréquenté les  cabinets ministériels parmi les dirigeants du parti PSD jusqu’à  la  chute de Philibert Tsiranana, ce magistrat  réapparaît  dans les mondanités avec différents titres officiels  dans le  sillage de régime de la Révolution Socialiste. En tant que fondateur du parti Asa Vita no Ifampitsarana (AVI)  qu’il dirige dans le mouvement d’alliance de l’opposition contre le régime du président Didier Ratsiraka, avec son parti il prend part à la grande coalition du Hery VELOMA  RASALAMA qui agite les foules jusqu’à ce que le système en place passe la main pour accepter une élection présidentielle sous la pression internationale. Le Pr Albert Zafy  est à la présidence en 1993. Selon

les  annales « Ratsirahonana devient alors président

de la Haute Cour Constitutionnelle. Le 28 mai 1996, quand le premier ministre d’alors est déposé par le parlement par l’échec d’un vote de confiance, Zafy nomme Ratsirahonana à ce poste. Mais peu après, Zafy est destitué de ses fonctions le 5 septembre 1996 et Ratsirahonana (celui qui en pleine cérémonie officielle l’investiture présidentielle se déclare être «le  gourou»  du  Chef de l’Etat à la  grande  surprise de tous  et du président  déchu lui-même) devient président intérimaire de la République. Dans des  conditions obscures sur  son rôle à la  tête de la  HCC durant la procédure  d’empêchement  du  président  Zafy. Puis  ensuite «  Il est candidat à l’élection présidentielle le 3 novembre 1996, à laquelle il arrive quatrième en nombre de voix (…) C’est pour  vous  dire à  quel point il maîtrise l’exercice  de faire  volte-face et le  retournement  de  veste en politique la même source confirme :« Ratsirahonana se rallie au candidat Zafy au second tour, le 29 décembre, mais Ratsiraka l’emporte de justesse3 ; Ratsirahonana quitte ses fonctions présidentielles lors de l’investiture de Ratsiraka le 9 février 1997. Douze jours plus tard, il perd aussi son poste de premier ministre quand Ratsiraka y nomme un de ses alliés. Le AVI devient le principal parti d’opposition, malgré un rôle faible, gagnant 13 des 150 sièges aux élections législatives de 1998.» Profitant des querelles internes à propos de la candidature pour la relève du président fondateur  du parti  AREMA  et le régime de l’Amiral qui

vacille à cause des traîtrises

de quelques  seconds

couteaux ambitieux sans  envergure «trop pressés», «Ratsirahonana devient président du Comité exécutif national du groupe Panorama, coalition d’opposition en septembre 1997. » Jour après  jour jusqu’à la période électorale 2001-2002  la  déstabilisation  s’accentue. Fin stratège en matière de manipulation  de l’opinion et surtout  des institutions «Ratsirahonana participe à l’élection

présidentielle en soutenant la candidature de Marc Ravalomanana… » L’implication  personnelle de  ce champion des faiseurs d’opportunités mêmes illégales va  favoriser la conjecture ambiante de l’époque au point d’inciter la communauté internationale à  se mêler des  affaires  nationales malagasy lors de l’Accord de Dakar pour obliger  le président Ratsiraka à accepter un 2ème  tour que son concurent Marc Ravalomanana va  snober pour jouir des  retombées du premier putsch réalisé par un patron d’une  industrie  laitière  soutenu par des officiers félons qui ont provoqué  des  affrontements  fratricides cruels au  détriment de ceux qui s’opposent à ka  dictature d’un affairiste arrivé au pouvoir par la volonté  et les  ruses d’un mentor  appelé  Ratsirahonana.  Les problèmes  de  gouvernance des dirigeants de  ce pays  jusqu’à  ce  jour parce que cette éminence grise qui arrive toujours  à tirer  son  épingle de  tous les  jeux  et les  enjeux économico-politiques. Exemples flagrants le vente  de  Holiday  Inn de  Nosy-Be à des  étrangers  et les  dessous de l’affaire des sommes  obscures  allouées pour l’exploitation du fer  de  Soalala. Faramineuses fortunes parties  en  fumée, sauf  erreur de  notre part…

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