La Gazette de la grande ile

Confidences de Didier Ratsiraka : Les secrets révélés par l’Amiral

Publié le 03 juillet 2020

Dans un  long entretien  avec des  journalistes  de TVPLUS, l’ancien fondateur de la  Révolution  Socialiste que des agitateurs comploteurs à la  solde des intérêts  étrangers avaient chassé du pouvoir à deux reprises, a passé  son temps à étaler sur la place  publique des  vérités  enfouies sous les susceptibilités étatiques, politiques et diplomatiques  sur  tous les  sujets soulevés au  cours de l’émission. Titillé  et parfois acculé au pied du mur  du silence de la  raison d’Etat par la curiosité journalistique de ses  deux interlocuteurs, l’officier général à la  retraite avait supporté  sans  broncher les  salves de  feu  nourri  des inquisiteurs de TVPLUS   qui n’avaient  visiblement pas  l’intention  de ménager l’ancien   Chef  d’Etat au  pouvoir  durant les  années  de  braises (des dures pénuries de denrées alimentaires  et  produits  de première nécessité)  qu’une  certaine communauté internationale  avait  fait subir à Madagascar…

Pour un  débat  radiotélévisé de  ce  calibre, le spécialiste de la  navigation impose un style inattendu en incitant  Abraham Razafy et  sa collègue à mettre le  cap sur les sables mouvants du terrain choisi par le quotidien  La Gazette de la Grande  Ile paru le 13 juin  dernier avec un article de  neuf colonnes sur deux pages. Le  journal  de  «La  vérité imprimée » avait retracé ce jour-là le «Début de l’histoire de l’idéologie de tous les  espoirs perdus.» Une version maison du parcours politique de cet homme qui pour Olivier Caslin  de Jeune Afrique  était «un acteur et un témoin privilégié de l’Histoire de Madagascar et du continent (…)Histoire  aussi d’apporter un démenti à sa manière avec précisions à l’appui,  avec cette même franchise brutale qu’il avait  face à l’envoyé spécial de Jeune  Afrique  celui qui  adore fredonner le  tube  d’Edith Piaf «Non, je ne regrette rien ». Avant-hier encore il « a accepté de dérouler la bobine de ses souvenirs» sur les  détails méconnus de l’Histoire avec  un  grand  «H» et les vérités cachées des histoires et des intrigues de palais dans les coulisses du pouvoir et des relations internationales. A  noter qu’à  titre de  représailles, pour  punir l’ officier de Marine sorti de l’Ecole  Navale de Brest d’avoir  osé exiger  la  restitution à Madagascar la  Base Navale de Diégo-Suarez occupée par les  troupes françaises et «la démilitarisation et la dénucléarisation de l’océan Indien,… »  Ses préférences  anticolonialistes pures et dures favorables aux opprimés de l’apartheid et de la présence portugaise au Mozambique en Angola ainsi que ses premières  tendances géopolitiques affichées tournées  vers Cuba, la Chine  et le bloc socialiste en pleine époque de la  guerre  froide, le  régime  qu’il dirigeait était  obligé d’endurer les pressions occidentales. Dans ses  réparties l’ancien locataire et bâtisseur du  Palais  d’Iavoloha  avait répondu  sans  esquiver  les questions sur  la période que ses  détracteurs considéraient comme l’ère des  éléphants blancs. En mettant les points  sur le «i» des inepties des informations non recoupées avant  d’être publiées. C’est la  faute aussi des  rétentions systématiques de la part d’un entourage plutôt soucieux de ne pas déplaire à l’illustre personnage. Pour  bien faire comprendre ses  explications là-dessus, le promoteur des unités industrielles  telles que la Raffinerie de  Toamasina, l’usine  de  fabrication  des voitures Karenjy à  Fianarantsoa et tant  d’autres  que ses  successeurs  n’ont pas  su  gérer ou pratiquement  laissé en  ruine. Déplorant le mépris  de la  valeur du  sens  de  la  continuité  de l’Etat  de la part de ceux  qui ont  dirigé le pays  après lui, il a  été l’origine des  universités  régionales pépinières des  cadres  et élites actuellement  au  service de l’Etat, il a  aussi abordé les problèmes  de la lutte  contre le  coronavirus  en prêchant  l’esprit de  discipline qui  fait  défaut  et  sur lequel  les  responsables actuels  doivent miser  avec  beaucoup de  savoir-faire lucide  en matière de communication institutionnelle et utilisation des  campagnes médiatiques, si l’on veut vaincre la pandémie. Il a  égratigné  au passage  les  attitudes  irresponsables  de  certaines personnalités  qui incitent à l’assistanat systématique  alors  qu’il  faut des  solutions  de proximité  avec  réquisition des  parcs  hôteliers pour  accueillir les personnes à traiter. Apôtre convaincu des soins par les plantes  et  autres produits  naturels, l’homme  d’Etat  conscient de ses  devoirs  patriotiques  n’a pas  caché  son soutien aux  efforts  de l’actuel président qui n’a  besoin  que  d’une amélioration  des campagnes  de médiatisation  officielle pour permettre à la masse  de mieux  comprendre ses  démarches. Parti avec  les révélations très inattendues sur les coulisses des  fonctionnements  de l’Etat en général  avant et après la chute de Tsiranana et les ingérences inimaginables des hommes  de l’ombre des pays dits  amis, sans tomber  dans la  tentation de la  délation pure,  le jeune officier coté 2nd de  sa promotion après l’Ecole  Navale s’est toujours  refusé de  composer avec des comploteurs pour tomber dans la  fourberie d’ «une entente avec une puissance étrangère»…Alors que  des lobbies lui avait  apporté la  succession  du Président  Tsiranana sur un plateau d’argent. Très désolé des  réalités déplorables ambiantes  des  compatriotes, il a  réagi vivement à propos du déficit du sens  de la  discipline généralisé et  des retards  de paiement des recettes générées par les recettes des  grands débiteurs d’une pactole de l’ordre de 8 millions de dollars quand on a un besoin urgent de rien  que 2 millions de  dollars pour les  besoins urgents de l’appui social dans la  lutte contre la pandémie…A propos des  débats  d’actualité très passionnés  sur la réhabilitation du site du Palais de la  Reine,  de la  réalisation du projet de la  nouvelle ville au lieu d’une attitude Ponce Pilate, surtout qu’ il n’est «ni conseiller, ni opposant… » mais  tout  simplement parce qu’il a « juré de servir le pays jusqu’à la mort » l’Amiral Didier Ratsiraka s’est contenté d’un  jugement de Salomon…Sans parti-pris mais surtout pas  d’accord pour remblayage des  rizières alors que la politique  agricole officielle vise l’autosuffisance  alimentaire. Pour  ce  qui  concerne le conflit  territorial  sur les îles  du  Canal  de Mozambique, il prône  et suggère d’attendre le moment  favorable par le biais d’un momentum idéal pour négocier… « Rêveries ou folies » de Ratsiraka pendant les révélations de ces 2 heures  de  temps de cette émission seront  difficiles à avaler pour  des  tas de  raisons pas  toujours conciliables. Surtout quand on  médite sur  ces noircissements d’argent dévoilés par la  Banque Mondiale  à propos de ces  193 millions de dollars que des  responsables  de notre pays ont permis  de s’égarer bêtement dans  des paradis  fiscaux. Pour imiter le timonier de la Révolution  Socialiste : Last but not least   (le dernier mais non le moindre) : le plus  grave  est que les propriétaires ces  comptes bien  garnis sont des affairistes connus du secteur économique de Madagascar.

  1. Razafilahy

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