La Gazette de la grande ile

Réformes après-Covid : Développer l’agrobusiness

Publié le 03 juillet 2020

Il est difficile de positiver la situation lorsqu’on connaît le nombre de personnes contaminées par le virus Covid-19 et d’individus décédés. Toutefois, il est essentiel de retirer les leçons de cette crise sanitaire. Même si notre système de santé accuse un retard dramatique, nous pouvons être fiers de notre pharmacopée. Le succès du CVO à Madagascar et en Afrique continentale est une avancée et permet de penser que la Grande Ile possède des atouts sous-exploités concernant les plantes médicinales endémiques. L’Etat encourage la plantation d’artemisia annua en raison de ses vertus médicinales. C’est très bien d’encourager mais ce n’est pas suffisant. Toute une stratégie globale est à mettre en place et les mesures d’accompagnement doivent suivre. Sachant que l’artemisia annua est utile pour toutes les formes de Coronavirus (dont le virus Covid-19) et pour le paludisme, il faut identifier les lieux où cette plante pousse déjà et où elle pourrait être plantée. Au lieu d’exporter les feuilles d’artemisia annua à l’état brut, il est préférable de les convertir en breuvages, en gélules ou en huiles essentielles. Cette transformation apportera de la valeur ajoutée. Madagascar ne peut plus se contenter d’exporter du café, du girofle, du cacao et de l’ylang-ylang non transformés. Le mariage entre l’agriculture et l’industrie doit prospérer. Tel est l’esprit de l’agrobusiness de demain. L’artemisia annua a le vent en poupe mais il faut également développer le ravintsara. Au-delà des plantes liées au contexte du Covid-19, il faut se pencher aussi sur la pervenche de Madagascar qui a fait ses preuves ainsi que sur toutes les autres plantes médicinales, surtout celles qui sont endémiques. Les débouchés médicaux sont connus et infinis. Il est grand temps que Madagascar, à l’instar de l’Inde, fasse pousser des milliers d’hectares de plantes médicinales. Ce n’est pas l’espace qui manque. L’Etat a intérêt à encourager la plantation de plantes médicinales par l’octroi de vastes terrains, de semences et d’engrais naturels à bas prix, ainsi que par des incitations fiscales et des subventions. Sachant que les banques commerciales de la place ne jouent pas le jeu du développement, il est sans doute temps de remettre sur le tapis la création d’une banque dédiée à l’agriculture et à l’industrie.

Phil de Fer et PN

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