La Gazette de la grande ile

Population Malgache : Victime de son propre incivisme

Publié le 03 août 2020

Comment Madagascar est arrivée là où elle est en ce moment malgré le fait qu’au début de cette pandémie, la situation a été quelque peu gérée et le nombre de personnes contaminées par le virus n’a jamais dépassé les 5 cas quotidiens ? Dès l’annonce du Président de la République des 3 premiers cas détectés à Madagascar, la population a réagi comme elle a toujours réagi dans ce pays, en jouant le « m’en foutiste » et en pensant que Madagascar est si exceptionnelle qu’une pandémie aussi dévastatrice que le Covid-19 n’atteindrait pas les Malgaches. Le manque de savoir-vivre des Malgaches ne se trouve pas seulement dans leur comportement envers leurs proches, cela se voit également dans leur façon de réagir à un évènement mondial, bon ou mauvais. Quand le confinement a été décrété, quelques personnes ont essayé de respecter les directives afin de combattre au plus vite cette pandémie et de revenir à la routine quotidienne. Cependant, la majorité des Malgaches a réagi à une façon bien propre à elle, c’est-à-dire trouver un moyen de contourner les règles afin de sortir sans raison et de montrer à tout le monde à quel point ils sont forts dans l’art d’enfreindre la loi. Dans plus de 190 pays dans le monde, Madagascar est le seul pays où on apprend aux gens à utiliser les passages pour piétons, où il faut des spots télévisés pour dire aux gens que les trottoirs sont faits pour les piétons, la chaussée pour les véhicules et les marchés pour les commerçants. Il n’y a qu’à Madagascar qu’on dépense des millions pour faire des spots publicitaires et des vidéos de sensibilisation pour dire à la population de ne pas cracher dans la rue et de ne pas jeter les ordures n’importe où. Des gestes de savoir-vivre logique qu’on ne devrait même pas avoir à rappeler. La population a trop longtemps baigné dans ce style de vie du « mora mora » trop souvent mal interprété et traduit par les touristes comme une façon de vivre au ralenti alors que c’est en fait pour dire à quel point tout est facile ici chez nous, il suffit de connaître

« quelqu’un » de haut placé et c’est « mora mora » de s’en sortir. Commettre un crime n’est pas un problème à Madagascar. D’ailleurs, enfreindre la loi et se pavaner de l’avoir fait sans avoir été intercepté est une chose dont beaucoup se vantent comme un signe de pouvoir. Tous les magasins et les services « non-essentiels » qui ont continué à travailler sans interruption sont le résultat de cette culture du « mora mora » où les propriétaires ont à un moment donné payé un haut-responsable de la police ou d’une autre institution afin de pouvoir enfreindre la loi sans problème. De son côté, la population est habituée à ce mode de vie. Quand le confinement a été de nouveau décrété, la population n’a pas cherché un moyen de la respecter tout en essayant de survivre, elle a plutôt cherché tous les moyens de ne pas la respecter sans se faire prendre. Sortir dehors sans raison et rencontrer des proches en se vantant de ne pas se faire prendre, c’est cela la vraie satisfaction des Malgaches. Cet incivisme est le fruit d’une très longue éducation de base bancale. Pour le Malgache, chaque chose que le gouvernement dit a toujours une arrière-pensée politique. Pour eux, même les résultats communiqués quotidiennement à la Télé ne sont que des chiffres inventés par l’Etat. Pour eux, tout est complot.

En enfreignant les directives du confinement, la population a continué à circuler malgré les couvre-feux et les barrages sanitaires. La raison principale de ce non-respect du confinement n’est pas la pauvreté, c’est juste cette habitude de toujours contrer ce que l’Etat entreprend. Un manque de civisme qui a fait que Madagascar soit le pays le plus sale au monde. C’est la population qui a fait de Madagascar un nid à virus favorisant le développement et la mutation du Coronavirus et empêchant toute tentative de la combattre de réussir. Ce n’est pas ce virus qui est non-maîtrisable, mais la population. Toutefois, la population n’acceptera jamais cette responsabilité. Elle rejettera toujours la faute sur les dirigeants, qui sont eux aussi habitués à cette population et à sa mentalité et ne se préoccupera plus que de eux mêmes, laissant la population livrée à leur sort.

T. B

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