La Gazette de la grande ile

Décaissement de la FCR du FMI : Récompense à la bonne gouvernance

Publié le 03 août 2020

A la suite de longues négociations avec les autorités Malagasy, le Conseil d’Administration du Fonds Monétaire International (FMI) a approuvé le 30 juillet 2020 le décaissement en faveur de Madagascar de 122,2 millions DTS (171,9 millions USD). Ce montant correspond à une autre tranche de la Facilité de Crédit Rapide (FCR). Pour rappel, un montant sensiblement identique a été décaissé le 3 avril 2020. Il s’agit d’un prêt direct sans conditionnalités. Il faut considérer ce second décaissement en une année comme une récompense à la bonne gouvernance. Ce succès résulte d’un travail d’équipe à la fois discret et efficace. Depuis le début de la pandémie, pas un mois ne passe sans que le gouvernement Malagasy n’obtienne une aide conséquente des bailleurs de fonds. Il faut savoir que d’autres financements sont en cours de négociation. Le Président de la République, le Premier Ministre, le Ministre de l’Economie et des Finances et bon nombre de techniciens de l’ombre remuent le ciel et la terre en ce sens.

Nos compatriotes, pour la plupart, applaudissent au fait que le gouvernement Malagasy ne ménage pas ses efforts pour trouver des financements. Ils sont conscients que la pandémie de Covid-19 a bouleversé toutes les prévisions. Si les robinets des bailleurs s’ouvrent, c’est parce que le gouvernement actuel fait preuve de bonne gouvernance et respecte ses échéances de remboursement. Pourtant, sur les réseaux sociaux, nombreux sont nos concitoyens qui s’interrogent sur la destination réelle et l’utilisation effective de cette manne. Ils constatent une dégradation de leur niveau de vie et ont peur pour l’avenir. Ils trouveront des réponses en partie dans la Loi de Finances Rectificative 2020 qui prévoit des actions dans les domaines social, économique et administratif. Au plan social, la Loi de Finances Rectificative 2020 mentionne que le gouvernement Malagasy va s’attacher « au ravitaillement des points de vente de produits subventionnés, à la mise en œuvre des transferts monétaires inconditionnels, à la mise en place des comités « Loharano », à l’allocation de primes pour les personnels soignants, la réhabilitation des systèmes de captage, de traitement et de distribution d’eau, à la dotation aux ménages vulnérables de kits de désinfection, à la mise en place des restaurants sociaux dénommés, à la distribution à grande échelle de manuels scolaires, sandales spéciales, kits, tabliers et tablettes sera également effectuée, à la construction et l’équipement de centres hospitaliers, de centres de santé de base, de bâti­­­­ments et complexes sportifs, de campus universitaires, d’établissements scolaires… » Toutes ces actions ont un coût qu’il faut financer. Autant de mesures constructives seront mises en œuvre sur le plan économique et administratif.

Pour marquer leur opposition au régime, certains individus propagent de fausses nouvelles tandis que d’autres sont de mauvaise foi. Les critiques sont injustes, pour la plupart, lorsqu’on sait que la Loi de Finances Rectificative 2020 souligne que « consécutivement aux effets conjugués des inondations et de la pandémie de Covid-19, une perte de l’ordre de 700 millions USD est estimée pour l’année 2020 en termes de Produit Intérieur Brut nominal. » Nul ne saurait nier que le gouvernement Malagasy, pour tenter d’enrayer la pandémie et de protéger la population, a pris des mesures lesquelles ont engendré des coûts et des conséquences. La même Loi de Finances  Rectificative 2020 indique que « à l’instar de tous les pays touchés par le Covid-19, Madagasikara a déclaré l’état d’urgence sanitaire et a procédé au confinement ainsi qu’à la restriction des transports au niveau domestique et international. Ces mesures, bien que drastiques car induisant une baisse généralisée des activités de production, ont dû être prises et ont entraîné une chute vertigineuse des recettes fiscales et douanières de l’ordre de 26% par rapport à la prévision initiale. » Ceux qui s’ennuient chez eux et passent leur temps à critiquer l’action gouvernementale sur les réseaux sociaux devraient se rendre compte que si notre pays n’obtenait pas d’aides suffisantes, les autorités Malagasy seraient contraintes d’augmenter considérablement les impôts, taxes et redevances. Une telle mesure serait hautement impopulaire. La situation est difficile pour tous et il faut se serrer les coudes. Il convient de retenir que la Facilité de Crédit Rapide est destinée aux dépenses de santé et au plan d’aide économique et que les précédents régimes n’ont pas fait autant preuve de transparence et de responsabilité dans la gestion des fonds publics.

Phil de Fer

 

Lire aussi