La Gazette de la grande ile

Situation actuelle face à la crise sanitaire : Aucune visibilité !

Publié le 04 août 2020

Au bout de plusieurs semaines d’urgence sanitaire avec des mesures qui valent ce qu’elles valent mais qui impactent grandement la vie quotidienne,  on n’a aucune visibilité et aucun secteur n’est épargné…même les fonctionnaires devenus les mal aimés ces temps ci. Qu’est-ce qu’un restaurateur peut espérer quand son restaurant, par essence lieu de convivialité,  doit fermer à 13heures? Qui va aller manger entre 12h et 13h? Qui a de l’argent pour aller au restaurant alors que les activités économiques ne tournent pas du tout et qu’en plus il faut payer les impôts non négociables ?

Qu’est-ce qu’un quincaillier peut espérer faire comme affaires quand rien ne marche ou que tout marche au ralenti ? Qui aujourd’hui peut se permettre de se construire de grandes maisons, de poursuivre leurs travaux de construction alors que chacun rame pour trouver de quoi vivre ? Qu’est-ce qu’un salon de coiffure peut espérer avoir comme recettes quand le souci premier des gens n’est pas de prendre soin de leur beauté mais de faire attention à leur santé et pouvoir au moins manger sainement pour se prémunir contre le virus notamment ? Lorsqu’on s’en prend aux fonctionnaires en disant que les fonctionnaires ne travaillent pas et pourtant ils touchent encore 100% de leurs salaires… sait-on au moins combien gagne les fonctionnaires selon leur catégorie, ignore-t-on que les fonctionnaires peu importe ce qu’on en dit restent les meilleurs contribuables car subissent une retenue à la source et ne font pas de fausses déclarations d’impôts dont certains dans le privé en sont férus? Sûrement que ces fonctionnaires vivent aujourd’hui la fameuse solidarité familiale à devoir aider autour d’eux, les leurs. Un des secteurs qui souffrent le plus de cette pandémie mais surtout de la gestion de cette pandémie,  même si ce n’est pas le seul secteur,  est le secteur du tourisme. Les hôtels sont fermés et donc des employés sont au chômage, le tourisme local ne fonctionne pas et même le tourisme national ne reprendra pas de sitôt.  Qui prendrait le risque d’être bloqué à Antsiranana après avoir vécu ces mesures prises du jour au lendemain  sans aucune préparation?  Ceux qui peuvent envisager encore dans leur programme de quitter un peu leur ville pour aller changer d’air ailleurs vont mettre du temps à repartir,  à sortir de chez eux…la fermeture des Régions a été si brusque au point que même ramener le corps des chers défunts au ” tanindrazana”, ne peut pas se faire, ce qui est inconcevable. La situation est tellement morose si bien qu’afficher son bonheur paraît même indécent.

Le quotidien est ponctué par la peur, la déception,  l’angoisse et quand on a la chance de ne pas vivre cela, la décence impose la discrétion. Le Président de la République a annoncé que le pic sera fin août et qu’après les choses iront mieux.  Pour l’heure, chaque jour emmène son lot d’annonce de personnes malades, de personnes au chômage,  de personnes qui meurent de faim, de personnes décédées…et aucune visibilité pour tous les secteurs d’activités sauf peut- être pour les pharmacies et les pompes funèbres !

Claude Rakelé

 

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