La Gazette de la grande ile

10 août 1991 : Autopsie d’une provocation programmée !

Publié le 06 août 2020

Dans l’après-midi du  samedi 10 août 1991, une succession  d’opérations de  déstabilisation d’un régime en place est devenue pour les médias  du monde entier le «Carnage d’Iavoloha».  Bien avant que cette journée ne  devienne le point  d’orgue d’une conspiration insurrectionnelle  destinée à renverser le  pouvoir  en place, des mois durant  tout ce  que la capitale compte d’agitateurs,  sous la  houlette du tribun  hors pair le Pasteur Richard Andriamanjato avaient   chauffé à blanc  les foules  fanatisées de la fameuse Place  du  13 Mai en plein centre  d’Analakely. L’objectif des cerveaux  d’un complot qui visait à mettre en place un autre Calife du mouvement  Hery Velona Rasalama à la place de l’Amiral Didier Ratsiraka que plus de 20 ans à la tête de l’Etat est devenu un cible idéal pour un complot qui ne dit pas son  nom.  Tout le  reste relève purement et   simplement d’une prise de pouvoir sur le modèle biblique de la chute des Murs de Jéricho.

A quelques jours de la prochaine commémoration de cette date devenue depuis le symbole de toutes les effervescences populistes à vocation rebelle, des personnalités en mal  de crédibilité tout  court et désireuses de se  faire  valoir aux yeux  de l’opinion. Ces comploteurs  en puissance  tentent de mobiliser pour l’occasion  les  foules  avec  des arrière-pensées tactiques malveillantes qui visent en  tout  et pour tout, l’installation d’un climat de  trouble dans la capitale et pourquoi pas  dans le pays  tout  entier. Le  but est de rendre invivable pour les dirigeants  actuels la seconde moitié du mandat d’un président Andry Rajoelina. Des indiscrétions  en provenance  du  groupuscule  RMDM une  faction à la  solde  et pratiquement manipulé par  Marc Ravalomanana qui se considère à titre putatif de Chef de  file  d’on ne  s                  ait quelle opposition imaginaire font  état  d’une prochaine mobilisation à partir d’invitation à participer à un  rassemblement le jour du 10 août prochain. Depuis longtemps décrédibilisé et ridiculisé par  ses déclarations  fracassantes jamais suivies d’effets concrets, le  fondateurs  du parti  TIM  n’arrête pas  de profiter de la plus petite occasion pour  rappeler le loser  qu’il  est  auprès du public. Ce n’est ni une pure coïncidence si  ces  derniers  temps  les  caisses  de résonance de  son parti qui plus que l’ombre de lui-même  ne rate  aucune  occasion pour  exciter les  gens à s’opposer aux directives des  autorités  en place. La mobilisation permanente des  foules  par le député Rabenirina Maminiaina «pour un oui pour un  non» et les incitations à la révolte à partir des retombées existentielles inévitables du confinement rejoignent  en  droite ligne les visées non avouées de cette visite des  chantiers inopinée et  non autorisée sur le  site du  Palais  de la  Reine  effectuée par  Ravalo…Techniques qui ont permis la  chute de tant de pouvoirs  un peu partout dans d’autres pays, ces stratégies de diabolisation des dirigeants  en place n’attendent que «la  situation  de blocage et de  tension intérieure». Les  «relais médiatiques à l’international » prennent la suite pour  «créer l’emballement  au   niveau de l’opinion publique  et encourager par-là même les logiques de cassures au  sein de la population… » En  clair, on  cherche à  dresser une partie  de la population  contre l’autre pour «in fine attendre la fameuse bavure où la  répression mal  contrôlée » qui donnera  aux dirigeants  actuels aux yeux  du  reste du monde la réputation  de  « régime répressif… ». C’est  dans  ce  sens justement que ce qui  reste du parti  de Hery Voahangy Mivady (HVM) exploite et prend le  relais pour diffuser diverses forgeries dans l’espoir d’un retour de Rajao le président déchu  de l’élection présidentielle  de 2018 à la  suite d’un complot parlementaire…L’article d’Olivier  Caslin de Jeune Afrique confirme l’existence du recours à un scénario de Mai 1972 qui était mis  en pratique quand il  rapporte qu’ avec un  «parfum de fin de règne qui flotte sur Antananarivo. Hery Rajaonarimampianina est bien victime d’un « coup d’État ». Pas militaire, comme le furent certains de ses prédécesseurs, et encore moins populaire, contrairement à ce que le président malgache avait un peu vite affirmé, au soir du 22 avril,.. » 2018.   Or dans son aveuglement obsessionnel, aujourd’hui le même Hery Rajaonarimampianina a complètement oublié cette déclaration faite au  Journal Jeune Afrique à propos de ses  deux prédécesseurs en disant : «Comme toutes les crises qui secouent ce pays depuis ces quinze dernières années. Ils doivent aussi se regarder dans un miroir et réfléchir à leurs actes. Les Malgaches sont lassés par les guerres d’ego entre leurs dirigeants. L’avenir du pays ne peut être prisonnier d’une lutte passionnelle entre les deux hommes de 2009. » Dans  son  exil  doré parisien pour apaiser sa  frustration de mauvais perdant,  il  a fait  feu de tout  bois sans réussir à  convaincre les lobbies  de la  capitale  française. Avec maintenant cette «image de putschiste qui lui colle à la peau » depuis il est  réduit à ne plus être que le candidat perdant qui a obtenu le pourcentage de voix le plus honteux de toute l’Afrique.

Noel Razafilahy

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