La Gazette de la grande ile

Edito : La justice est malade, amnésie et corruption … 

Publié le 10 août 2020

Il faut  vraiment être borné et pourquoi pas idiot pour ne pas  réagir à la lecture de ce  «Déballage » d’un  Jeannot Ramambazafy visiblement indigné par le laxisme ambiant  du  système judiciaire vis-à-vis des  violations  flagrantes  de nos lois. Le plus frustrant est que  plus les personnes concernées figurent dans la  haute société du monde  des  affaires  et  bien  sûr  de la politique, plus les fautes graves commises prennent presque  systématiquement des  contours favorisés dans le  sens de l’impunité. Vous  croyez peut-être  que les médias exagèrent  quand ils ressassent à longueur  d’année tous  ces  faits hautement condamnables dont les  auteurs fréquentent les réunions mondaines huppées de la  capitale et  des  grandes  villes  de  province sans être  inquiétés…

Imaginez un  seul instant ces  fonctionnaires grands  et petits,  civils ou miliaires qu’on met   en prison pour  des  infractions, qui ne  sont  que  des peccadilles comparées aux  actes perpétrés par  tel ou tel  ancien président  de la  République,  tel ou tel  ancien  Premier ministre fameux dans l’art de barboter dans la  caisse  de l’Etat,  de tel ou  tel  membre  de  gouvernement déjà limogé ou  encore  en exercice.  C’est pour  vous  dire  qu’il y  réellement deux poids d’injustice et  démesure de la partialité au  niveau  de la répression de la  délinquance. Souvenons-nous de ces faits hautement délictueux à mettre sur le compte des grands noms de la politique et de ces opérateurs économiques célèbres qui sont  devenus immensément riches avec la  complicité de  quelques  décideurs  hauts placés. Ce n’est pas  pure  jalousie que les  observateurs n’arrêtent  de les  dénoncer sur la place publique.

Mais  tout simplement pour  rappeler à  ceux  qui  semblent oublier leurs  rôles de  juges. Qu’il  existe dans la profession qu’ils  exercent une  sorte d’amnésie  qui les  empêchent  de  se  souvenir qu’il y  a parti pris. Et si  certains  d’entre eux  vivent  dans le  luxe  et la luxure  c’est parce  que Dame Corruption   avait  toujours exercé une malsaine séduction  au  sein  de  ce  corps prestigieux  de la Magistrature. Le mal qui  frappe le  système  judiciaire  est pire que la Covid-19 s’il  reste  et  demeure vivace, ce n’est plus un confinement des hauts fonctionnaires contaminés qui pourrait nous en  préserver, mais plutôt un Etat d’Urgence Judiciaire avec les sanctions à  forte dose qui vont avec et qui feront encore l’objet de recherches institutionnelles appropriées… Comme c’était le  cas en Chine quand il fallait  combattre les pourris et leurs corrupteurs.

Noel Razafilahy

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