La Gazette de la grande ile

Gestion de la crise sanitaire : Il n’est pas besoin d’être opposants

Publié le 10 août 2020

Non, tous ceux qui critiquent les maladresses et erreurs de ce régime ne sont pas tous des opposants,  ne sont pas tous des pro-TIM, des pro-HVM. Il y a aussi ceux qui savent juste analyser les situations,  ceux qui comparent ce qui est fait par rapport à ce qui avait été dit, il y a des simples citoyens réalistes.

Quand le régime distribue les aides pour les familles vulnérables et que c’est tellement mal organisé si bien que la foule immense devant les bureaux du fokontany hurle car elle meurt de faim,  car elle veut avoir sa part et que par la suite l’exécutif procède au recensement de ceux considérés comme vulnérables auprès des fokontany, il n’est pas besoin d’être opposants pour dire qu’il y a là une désorganisation si ce n’est une incompétence crasse.

Quand le Président de la République annonce en avril la digitalisation des fokontany et qu’au mois d’août le gouvernement avec feuille et stylo recense les gens des fokontany pour dresser une liste, il n’est pas besoin d’être opposants pour dire que c’est une ineptie. Quand chaque fokontany a un chef fokontany qui est là depuis des lustres, que chaque fokontany a des secrétaires, que le Président a annoncé le «komity loharano» et que l’on voit toute une armada de personnes venir dans les fokontany faire le travail des secrétaires de fokontany,  il n’est nul besoin d’être opposants pour se dire que gouverner c’est savoir déléguer et lorsqu’on ne sait pas déléguer c’est qu’il y a un gros problème de gestion étatique.

Quand le Président de la République décrète l’état d’urgence sanitaire et empêche ou réduit à quasi néant les activités économiques mais que l’exécutif regroupe les gens sans respecter ni le nombre,  ni les gestes barrières du fait de la densité de la population dans les quartiers,  il n’est nul besoin d’être opposants pour se dire qu’ils font n’importe quoi et qu’à ce rythme là ils ouvrent un grand boulevard aux opposants. Quand il y a quatre mois on nous disait que l’Etat est prêt à faire face à la pandémie, que Madagascar maîtrise la propagation de la pandémie, qu’il y a confinement suivi d’une aide d’urgence aux plus démunis mais que quatre mois plus tard il est clair que l’Etat n’était pas prêt et que c’est seulement maintenant que bon nombre de personnes démunies vont recevoir,  espérons le, une aide sociale,  il n’est pas besoin d’être opposants pour se dire que la stratégie adoptée par l’exécutif jusque là est un échec cuisant et a causé plus de tort que de bien.  A Madagascar il n’y a pas d’un côté les pro-régime  et les opposants, il y a aussi et ils sont nombreux, ceux qui savent applaudir quand les choses sont bien faites et critiquer quand les gouvernants offrent une succession  de choses étranges et qui ne s’accommodent plus de cette expression qui met le pays à la traîne ” ce n’est pas facile d’entreprendre quelque chose “. Ceux qui disent simplement que ” Gouverner c’est prévoir” ne sont pas des opposants, ce sont des simples citoyens qui ne comprennent pas et ne peuvent pas accepter qu’à ce niveau là de responsabilité,  les dirigeants en sont à agir d’abord puis réfléchir après, en sont à faire des erreurs grotesques d’abord alors qu’ils sont aux commandes et ont la maîtrise totale sur l’appareil d’Etat.

Il serait bon déjà d’admettre qu’il y a des citoyens sensés qui savent simplement ce qui doit être et qui ne peuvent pas admettre autant d’amateurisme à la tête de l’Etat surtout en période d’urgence sanitaire. Et ceux là ne sont ni des fanatiques du TIM,  ni des fanatiques de HVM, ni des personnes qui attendent les moindres erreurs des dirigeants.

Claude Rakelé

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