La Gazette de la grande ile

Journée mondiale du thon : Protéger les stocks de poissons pour la santé de l’économie

Publié le 31 août 2020

Les thons comprennent des dizaines d’espèces que l’on trouve dans tous les océans du monde. Ces poissons de grande valeur représentent 20 % de la valeur de toutes les pêches de capture marine et plus de 8 % de tous les produits de la mer commercialisés dans le monde. Leur valeur a été récemment mise en évidence par la pandémie COVID-19 : les ventes de poissons en conserve, dont au moins 50 % de thon, ont fait un bond en avant, car les consommateurs s’approvisionnent en denrées non périssables. Loin des rayons des supermarchés, dans les communautés côtières, la pêche aux thons est extrêmement importante pour la sécurité alimentaire et constitue un pilier des économies locales. Dans l’océan Indien, par exemple, la pêche côtière aux thons représente 36 % de l’ensemble des pêches de thons, et ces derniers sont presque exclusivement issus de pêches artisanales ou de pêches industrielles très basiques. Au-delà de leur valeur alimentaire, les populations de thons en bonne santé jouent un rôle dans les écosystèmes marins complexes, contribuant de manière essentielle à la santé et à la résilience globale de l’océan. Mais même avant la crise sanitaire mondiale, la santé de certains stocks de thon était en péril. En particulier, le thon rouge, l’albacore et le thon obèse, qui représentent 15 % du total des pêches de thon, sont surexploités. Le listao, le type de thon le plus utilisé pour le marché des conserves, est largement considéré comme étant à un niveau d’abondance sain. Toutefois, une récente augmentation des captures de listao dans l’océan Indien a entraîné un dépassement de 30 % de la limite de capture pour 2018-2020. La dernière évaluation des stocks ayant été réalisée en 2017, il est fort probable que le listao ait déjà été classé dans la catégorie des espèces “surpêchées”. Plus important encore, on a constaté une augmentation significative des captures d’albacore, un stock qui est déjà soumis à une pression considérable et considéré comme surpêché par les experts. Le sort de l’albacore et du listao est lié, puisque les juvéniles d’albacore sont principalement capturés dans les listaos qui ciblent les pêcheries à senne coulissante. L’augmentation des captures de listao, avec les prises accessoires correspondantes d’albacore, retardera considérablement la capacité du stock d’albacore à se reconstituer après des années de surpêche dans l’océan Indien. Les scientifiques estiment que les stocks d’albacore pourraient s’effondrer dès 2027. Les menaces qui pèsent sur les espèces de thon comme l’albacore sont dues au rôle important que joue le thon dans la contribution plus large de la pêche marine à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance dans le monde. L’océan est la plus grande source de protéines au monde, avec plus de 3 milliards de personnes qui dépendent de l’océan comme principale source de protéines. La pêche marine emploie directement ou indirectement plus de 200 millions de personnes. « Pour Madagascar, le thon est une richesse dont le potentiel reste encore à développer.  Dans ce sens des efforts pour évaluer et gérer durablement ce potentiel doivent être fournis afin de permettre au pays et à sa population de bénéficier pleinement des retombées y relatifs » affirme LovasoaDresy, Senior fisheriesofficer à WWF Madagascar. Les poissons prédateurs de haut niveau, comme certaines espèces de thon, contribuent à la santé des océans par leur simple existence. Les scientifiques ont découvert que la “mégafaune” marine façonne les écosystèmes océaniques par son alimentation, sa migration et même son excrétion. Compte tenu de la valeur environnementale, économique et sociale importante et irremplaçable du thon, le WWF réitère son appel à un changement de l’approche actuelle de la gestion de la pêche et propose une voie vers une gestion des ressources plus durable, plus inclusive et plus efficace. Cette démarche est essentielle pour que le thon, en tant que ressource alimentaire et source de revenus pour la pêche industrielle et artisanale, soit en équilibre avec son rôle fondamental dans le maintien d’un écosystème sain.  Voici quelques données de base sur ce poisson : Au niveau mondial, 65% des stocks de thon sont à un niveau d’abondance sain, 17,5% sont en surpêches et 17,5% sont à un niveau intermédiaire, où l’état du stock n’est pas apparent. La pêche des principaux thons commerciaux était de 5,1 millions de tonnes en 2018, composée de cinquante-huit pour cent de thon listao ou Katsuwonuspelamis, suivie de l’albacore ou Thunnusalbacares (29 %), du thon obèse ou Thunnusobesus (8 %) et du germon ou Thunnusalalunga (4 %). Les thons rouges représentaient 1 % des quotas de pêches mondiales. Les pêches de thon ont presque doublé depuis les années 1980, avec la plus forte augmentation des pêches de listao (figure 1 ci-dessous). La plupart des listaos sont mis en conserve. Les stocks de listaoreprésentent plus de la moitié des quotas des pêches mondiales de thon et ils sont tous en bonne santé. Les stocks les plus souvent surexploités sont le thon rouge, l’albacore et le thon obèse, ce qui représente 15 % du total des pêches de thon.

La valeur finale des conserves de thon a été estimée à 42,2 milliards de dollars en 2014.

Recueilli par T.B

 

 

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