La Gazette de la grande ile

Entreprenariat et investissement : Le règne des Franco-Indiens, des Indo-Pakistanais et des Chinois

Publié le 18 septembre 2020

Face à l’hégémonie actuelle des multimilliardaires franco-indiens, chinois, indo-pakistanais, malgacho-indiens et européens, il n’y a quasiment plus de place pour les Malgaches qui veulent se lancer dans le monde de l’entreprenariat et de l’investissement. Presque tous les secteurs d’activités, dont la majorité des secteurs clés de l’économie comme l’import-export, le commerce, l’industrie, l’hôtellerie, les banques, l’énergie, l’hydrocarbure, la télécommunication, le transport, mais aussi et surtout l’immobilier se trouvent maintenant à la merci de ces étrangers. L’économie malgache est devenue dépendante de ces derniers qui ne contribuent pas au développement du pays. Les Malgaches ne sont plus que des salariés qu’ils payent avec moins de deux dollars par jour, une somme qui ne suffit même pas à subvenir aux besoins d’une famille moyenne pendant un mois. Parallèlement, les bénéfices amassés par ces multimillionnaires en dollars ne restent pas longtemps dans le pays. Leurs bénéfices sont tout de suite rapatriés vers leurs pays d’origine et ne seront même pas du tout comptabilisés dans notre PNB. D’un autre côté,  les nationaux ne détiennent plus que de rares petites et moyennes entreprises. Mais là encore, la concurrence est rude faisant que bon nombre d’entre-elles se trouvent englouties par les géants étrangers. Le monde de la microfinance et des banques étant verrouillé par ces étrangers, il est tout simplement impossible pour les Malgaches d’obtenir les crédits nécessaires à l’extension de leurs activités au même rang que ceux des grands investisseurs.

Mais le comble, c’est que face à cette réalité, le gouvernement malgache ne prend même plus la peine de sauvegarder les intérêts des rares entrepreneurs malgaches. Et c’est loin d’être un hasard. Pour une population à plus de 95% pauvre, la corruption est encore d’actualité. Les structures comme le BIANCO et le SAMIFIN mis en place pour lutter contre le fléau ne s’acharnent que sur les petites infractions et ne s’en pennent que très rarement, voire jamais, aux gros bonnets. Depuis la base de l’administration jusqu’au plus haut sommet de l’Etat, le phénomène de corruption fait que le pouvoir est toujours aux mains des plus riches. Les puissants investisseurs se mêlent de la politique interne pour sauvegarder leurs intérêts. Des Franco-Indiens et des Indo-Pakistanais sont dénoncés comme étant derrière les financements douteux des différentes élections organisées à Madagascar. Des fonds qu’ils espèrent récupérer par la suite durant le mandat de leur candidat une fois qu’il est en place. La Grande île n’est qu’au tout début du règne des gros investisseurs étrangers. Bientôt, les Malgaches ne seront plus que des étrangers sur leur propre terre.

Ranaivo

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