La Gazette de la grande ile

Déclaration de la RMDM Diaspora : à prendre avec des pincettes

Publié le 22 septembre 2020

Face à la déclaration de la RMDM Diaspora, affirmant son soutien à la décision du collectif des parlementaires qui s’est réuni au Panorama Andrainarivo le 17 septembre dernier, on se doit d’éclaircir quelques points. La RMDM Diaspora affirme que le non-respect de la Constitution se répète actuellement dans les actions de l’Etat. Selon eux, la HCC fait semblant de ne rien voir en laissant libre cours au bordel. Ils ont appuyé sur un point sensible, l’inefficacité de la HCC et son inutilité sont des points noirs au milieu du visage de l’Etat. Il faut l’extraire au plus vite. La HCC ne sert à rien, ou plus précisément, son président. Cependant, il ne faut pas être extrémiste sur les évènements qui ont marqué ces derniers mois. L’emprisonnement de quelques personnes figurant aux côtés de l’opposition n’est pas lié à leur position politique. Elles ont toutes commis des crimes pour que la justice les poursuive. D’ailleurs, plusieurs personnes ont commis des crimes similaires durant ces quelques mois, mais comme elles ne sont pas des membres de l’opposition, cela n’a pas été médiatisé pour attiser la haine. Le fait de figurer dans cette organisation n’est pas une raison de politiser leur crime. La justice a jugé et emprisonné plusieurs autres personnes en dehors de l’opposition  durant ces derniers mois. C’est son travail et elle ne doit pas considérer la position politique d’un individu pour influencer son jugement. Donc si des membres de l’opposition ont commis des crimes et se sont fait emprisonner, c’est à cause de leurs actes, pas de leur position politique. La déclaration parle également des tirs sur des individus. Si on se réfère à l’évasion de Farafangàna, il est tout à fait normal de tirer sur des prisonniers en fuite lors d’une évasion en masse. Les gardiens et les agents des forces de l’ordre sur place ont été armés pour défendre la population de ce genre d’incident et les armes servent à se protéger et à stopper ce genre de menace. De leur côté, ces prisonniers étaient prêts à tout pour pouvoir s’enfuir. On aurait condamné cet acte si les agents de forces de l’ordre avaient tiré sur des individus immobiles restant tranquillement dans leurs cellules. En ce qui concerne les agents de police, de gendarmerie et des militaires qui se tirent entre eux ou qui tirent sur d’autres individus en étant ivre, c’est un problème personnel et non une action de l’Etat. Pour ce qui est des dépenses liées à l’état d’urgence sanitaire et la lutte contre la Covid-19, chaque bailleur de fonds a déjà son propre moyen et stratégie pour les surveiller.

Depuis la première république, la dictature est le premier argument de toutes les organisations de l’opposition pour attirer l’attention de la population. Il y a toujours un moyen de dire que le pouvoir en place fait de la dictature. Cela affecte toujours des membres de l’opposition et jamais la vie en général de la population. Dès qu’un pouvoir veut instaurer l’ordre et essaie de faire appliquer la loi, on chante la dictature. Actuellement, on crée la polémique autour des lois sur les impôts. Les réseaux sociaux sont pour l’opposition de bons moyens de divulguer rapidement une rumeur et de transformer la réalité. Il ne faut pas considérer tout ce qu’on voit sur les réseaux sociaux comme la réalité. Tout ce qui se passe en politique doit être pris avec des pincettes. Que ce soit de la part de l’opposition ou du pouvoir en place, il ne faut pas croire sans prendre le temps d’analyser et de recouper.

                   T. B

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