La Gazette de la grande ile

Paix et justice à Madagascar : appliquer la loi demeurera toujours problématique !

Publié le 23 septembre 2020

Théoriquement, nous avons tous compris que Madagascar constitue un Etat de Droit, c’est-à-dire un Etat qui accorde une véritable importance au maintien de la justice dans son système.  En des termes plus génériques, cela signifie que c’est un pays où « tout le monde », aussi bien les gouvernants que les gouvernés, sont soumis au Droit, et donc à toutes les normes en vigueur dans le territoire. Mais parlons clair, ceci n’est confirmé que sur le plan théorique, et c’est d’ailleurs le cas avec bon nombre de principes consacrés dans nos fameux textes impératifs. Et oui, il est toujours plus facile d’envisager une théorie que de la mettre en pratique, et ce malgré toutes les procédures et conditionnalités que son adoption exige. Il ne faudrait donc pas s’étonner si l’application des lois à Madagascar a toujours été problématique, et plusieurs obstacles nous empêchent encore d’évoluer sur ce point.

Ainsi par exemple, cela fait longtemps que nous avons entendu que nous accordons une tolérance zéro dans notre politique de lutte contre la corruption, ou que nos agents répressifs sont bien voués à s’assurer que les malfaiteurs soient sanctionnés de manière juste et équitable. Et nous en dirons moins pour ce qui  est du domaine de la sécurité et de la tranquillité, car les responsables sont soi- disant mobilisés pour ce faire. Mais réveillons-nous, si toutes ces promesses et politiques ont été scrupuleusement appliquées, comment se fait-il que nous nous trouvons encore dans la situation où l’on est actuellement ? En effet, si nous étions tous déterminés à exécuter toutes les normes de notre pays, nous aurions pu avancer sur certains plans. Malheureusement, nous préférons toujours rejeter la faute sur les autres plutôt que de prendre nos responsabilités en main.

Toutes ces raisons suffisent pour prouver que les hors- la- loi règnent toujours chez nous, et que nous n’avons pas  atteint notre objectif de lutte contre la corruption. Et sans entrer dans les détails, chacun d’entre nous a sans doute, ne serait-ce qu’une fois, été victime de telles illégalités, mais refuse de dénoncer ou de porter plainte par peur d’être exclu de la société. On est donc contraint de vivre perpétuellement dans de pareilles circonstances, tout simplement parce que l’application rigoureuse de nos lois semble être une guerre perdue d’avance. En tout cas, pour ceux ou celles qui espèrent que la situation pourra changer, il est toujours bon d’y croire !

Hariantsa R.

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