La Gazette de la grande ile

L’or exporté  en  fraude : Un feuilleton de film série noire ?

Publié le 24 septembre 2020

D’abord, il y avait le corps de Danile Ameralli Alibay Radjan, trouvé mort récemment à son  appartement à Ankorondrano, dans des conditions qui ne laissent pas de doute sur le mobile de l’acte, a priori criminel et prémédité. Et pas plus tard qu’hier, ce grave incendie suspect qui a ravagé un grand bâtiment situé entre Isotry et Ampefiloha, appartenant et servant de magasin de pneus à un ressortissant Karana et pour lequel les proches du propriétaire présents sur les lieux lors du  sinistre, exigent auprès de la presse de la discrétion et refusent de donner des détails. Précaution ou prudence ? Pourquoi ? Serait-ce en prévision des investigations par les  assureurs ou pourquoi pas à  cause de la nature des stocks qui s’y seraient trouvés avec les pneus?… A noter que par le passé,  autour des rocambolesques rebondissements de la mésentente du nommé Mustafa Ameralli Alibay Radjan avec la famille Rossanaly Navaz Molou, la presse avait aussi fait à tort ou à raison, des rapprochements  entre les démêlés judiciaires de cet individu et une habitation que le feu avait envahi. Les deux individus ont été des acteurs réputés dans le marché noir de l’exportation illicite de l’or. A l’époque, la presse avait aussi fait à tort ou à raison des rapprochements entre les démêlés  judiciaires de cet individu et une habitation que le feu avait envahie.

Pour rappel, en 2017, la personne sur laquelle «deux individus à moto ont tiré à 3 reprises à Analamahitsy… », était comme par hasard l’Indo-pakistanais Moustafa Ameralli Alibay. Peut-on supposer  qu’il y  a lieu  de  voir dans  ces  tristes faits, des sévices ou  des  règlements  de  comptes  entre partenaires ou entre concurrents en affaires ou dans des activités louches ? Dans un article publié le  22 septembre dernier, un confrère avait publié «suite à la découverte du cadavre torturé et ligoté, la communauté Karana soupçonne un règlement de comptes lié aux activités de Moustafa. La plupart d’entre eux affirment que personne n’oserait toucher à cette famille, si ce n’est quelqu’un d’aussi puissant qu’eux pouvant rivaliser avec Moustafa et ayant les mêmes intérêts « commerciaux» que lui. Rappelons que ce dernier a disparu des radars depuis quelques mois, voire quelques années… » Pour le moment, personne ne peut  nous donner des réponses dans l’affirmative… Et l’auteur ajoute : «le soupçon de certains membres de la communauté Karana est à prendre avec délicatesse, car effectivement, Moustafa a depuis toujours été la cible de plusieurs adversaires. Qui sait ce qui attend les autres membres de sa famille ? » Tous les observateurs bien informés sont unanimes pour reconnaître les  constats des experts qui affirment dans HAKILI Times du 27 juillet 2019 que «Madagascar est l’un des fournisseurs de l’or du Royaume de Dubaï. En 2018,  97 % de ses exportations ont été destinées à ce pays de tous les rêves. L’année dernière, la Grande Ile a écoulé trois tonnes et 51,8 Kg d’or sur le marché international. Les 2,2 %  et 0,8 % restants des marchandises sont vendues respectivement à Hong Kong et Singapour,  selon, le dernier rapport du Bureau des cadastres miniers.  Six régions sur les 22 de Madagascar sont fortes en or, en l’occurrence : Amoron’i Mania, Betsiboka, Atsimo Andrefana, Vatovavy Fitovinany, Menabe et Vakinankaratra. Toutefois,  le plus grand site d’exploitation aurifère malgache  se trouve dans la région de Diana, à l’extrême nord du pays, dans la commune rurale de Betsiaka, district d’Ambilobe. Madagascar exporte plus de 500 Kg d’or. Aux trois destinations précitées s’ajoutaient la France, l’Italie et l’Inde. Ces derniers, pour diverses raisons, ont par contre cessé d’acheter l’or malgache. Voilà une précision très frappante quand il est de notoriété publique que les opérateurs officiels et fraudeurs du secteur de l’or ont presque tous une double nationalité. Et  qu’en principe, ils devraient favoriser leurs pays d’adoption plutôt  que les raffineries du Royaume de Dubaï, destinations réputées des exportations illicites des lingots d’or en provenance de Madagascar. Nous tenons à rapporter ici les déclarations d’un officier de la Gendarmerie nationale retraité, habitant dans la région d’Anosy, qui aurait mentionné dans une interview téléphonique que «L’exploitation de l’or ou les ressources minières en général n’est pas bénéfique à la population locale. Seules les grandes firmes internationales ou des exportateurs qui sont collaborateurs des dirigeants du pays tirent le maximum de bénéfices. Ceci est dû à la faille juridique ».  Même  si les  médias  affirment que «Les autorités policières ont toutefois enrayé le phénomène en interceptant près 47 kilos d’or durant les deux dernières années. » Ceci  explique cela. Il n’est pas étonnant donc que la source citée titre son article : «Exploitation aurifère à Madagascar : Le grand désordre ! » Surtout que «dans le code minier malgache actuel, il est clair que toutes les richesses qui se trouvent dans le sous-sol appartiennent à l’Etat… » Tant qu’une telle aberration du droit de propriété existe,  la corruption et les  abus d’autorité domineront encore longtemps les intérêts légitimes des administrés.

Lire aussi