La Gazette de la grande ile

Filière or : A quand la fin des trafics ?

Publié le 24 septembre 2020

Au niveau mondial, les plus grands producteurs d’or sont la Chine, l’Australie, la Russie, les Etats-Unis, le Pérou, le Mexique, et le Canada. Sur le continent africain, il faut citer l’Afrique du Sud, le Ghana, le Mali, la Guinée, la République Démocratique du Congo, le Soudan et le Burkina Faso. Au-delà de son utilisation pratique, notamment dans la bijouterie et l’industrie, l’or est une valeur refuge faisant partie des réserves monétaires des banques centrales de chaque Etat. Les plus gros stocks d’or sont détenus par la Réserve Fédérale des Etats-Unis, la Banque Nationale Suisse, la Banque de France et la Banque Fédérale d’Allemagne.

A Madagascar, les réserves de change sont constituées en majeure partie d’avoirs en devises étrangères. Les réserves d’or sont insuffisantes. C’est donc avec justesse que la Banky Foiben’ny Madagasi-

kara (BFM) entend constituer une réserve nationale d’or. Son double objectif, exprimé dans un récent appel à manifestation d’intérêt, est « de normaliser le secteur aurifère par la professionnalisation des acteurs d’achats et d’exportation et d’améliorer les recettes en devises issues des exportations sur la balance des paiements. »

Le but est noble et louable mais sommes-nous prêts ou allons-nous rester au stade des bonnes intentions de façade et du double langage ? L’heure est à la transparence, à la rigueur budgétaire, au recouvrement des recettes fiscales et douanières, à la bonne gouvernance mais il est temps de passer aux actes en ce qui concerne l’assainissement de la filière or. Le gouvernement s’applique à engager les réformes en ce sens qui sont exigées par la population et souhaitées par les bailleurs de fonds. Malheureusement, la bonne volonté des autorités se heurtent à certaines pratiques mafieuses. Il s’agit ici de dénoncer les trafics d’or. Il est impossible de déterminer la quantité d’or produite et exportée, même à une dizaine de tonnes près. Il y a trop d’orpailleurs clandestins et d’exportations non déclarées. Ce qui est certain, c’est que l’exploitation d’or prospère dans la Grande Ile. La production aurifère opère, comme elle prospère, à savoir de manière discrète. Dans les grands pays producteurs, 100 à 1.000 tonnes d’or sont extraites annuellement. A Madagascar, personne ne peut se risquer à des statistiques sérieuses. D’après l’ANOR (Agence Nationale de la filière or), la quantité d’or exportée déclarée en 2019 est de 2,4 tonnes.

Faut-il rire ou pleurer à l’annonce de ces chiffres officiels qui sont trop bas pour être crédibles, surtout lorsqu’on connaît les nombreux gisements aurifères identifiés par le BRGM (Bureau des Recherches Géologiques et Minières) et ceux décelés par les orpailleurs eux-mêmes ? Où est donc passé le grand stock d’or accumulé au fil des décennies par la société d’Etat Kraoma (Kraomita Malagasy) qui extrait à la fois du chrome et du métal précieux ? Aurait-il été détourné en toute impunité par certains directeurs généraux qui se sont succédé ?

R.Lola et Ranary

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