La Gazette de la grande ile

CHRONIQUE /  Désagréable impression :  Refus de tourner la page

Publié le 19 octobre 2020

Le système qui s’est mis en place avec le retour triomphal d’Andry Rajoelina peut aujourd’hui montrer avec fierté aux yeux du reste du monde le bilan rassurant et combien honorable de la lutte contre cet ennemi invisible qu’est le coronavirus. En face, une opposition qui se met en mouvement en ordre dispersé et dans une visible mauvaise foi dans l’exercice des pratiques démocratiques, refuse de tourner la page même après une cinglante défaite électorale de deux anciens présidents obsédés par la nostalgie du pouvoir. Toutes proportions gardées, en faisant une simple comparaison d’une époque à l’autre, il ressort qu’à cause d’une fixation peu honorable aux privilèges, abus et pratiques malsaines d’un passé de mauvaise gouvernance avérée, les groupuscules fanatisés et les individus acquis au sens propre comme au figuré à la cause revancharde de Marc Ravalomanana et de Hery Rajaonarimampianina n’arrêtent pas de harceler le régime en place. Le mandat inachevé du premier président d’une 4ème République mal partie à cause d’une mentalité perverse d’un expert-comptable, a été trop marqué par les manies condamnables d’une profession rarement à l’abri des combines financières et fiscales.

Pire, il n’a pas respecté «la parole donnée» à la force politique TGV qui l’a fait roi et les promesses fallacieuses destinées à tout un peuple lors d’une investiture pas comme les autres, marquée par un plagiat retentissant. Respectueux des règles et exigences constitutionnelles républicaines, même face à un exécutif soutenu uniquement par une majorité parlementaire virtuelle à géométrie variable de quelques députés achetés à chaque session, Andry Rajoelina et sa troupe s’est toujours gardé de jouer les trouble-fêtes pour se cantonner dans un attentisme patient. Stratégie qui a porté ses fruits, malgré les complots parlementaires divers au détriment de sa troupe avec l’honteux complot de l’opération de destitution de Christine Razanamahasoa, ainsi que le côté coulisse de cet inimaginable pacte d’on ne sait quelle forme de responsabilité ? A force d’abuser de la situation, le fondateur du parti H.V.M se fera avoir par son propre jeu juste avant la fin prévue de son mandat… Pour des raisons purement institutionnelles et la mise en place des textes électoraux, il aura droit à une véritable insurrection conduite par des parlementaires. C’était pour lui le début de la fin même dans le fond. En tant que Chef d’Etat en place, il a tout fait pour handicaper la candidature d’Andry Rajoelina par une instrumentalisation ratée de l’appareil judiciaire. La suite des évènements avait pris une tournure et un retentissement mondial qui s’est soldé par une démission peu honorable et une fin de règne digne de son parcours politique scandaleux.

Par dépit et surtout dans un pur esprit de déstabilisation, depuis les déboires électoraux de leurs présidents fondateurs, les chefs de file des partis TIM et HVM sont devenus des abonnés assidus des recours les plus divers dans le but de justifier l’agitation pour l’agitation de l’opinion publique peu sensible à leur démarches farfelues, oiseuses et mal fondées. Requêtes après requêtes, les cours de justice et les juges d’Ambohidahy sont inondées par des initiatives tout juste destinées à meubler des campagnes de démolitions médiatiques. Rien que pour cette année 2020 par la lettre n°03-2020/SENAT/P en date du 14 janvier 2020, enregistrée le même jour au greffe, la Haute Cour Constitutionnelle a été saisie par le Président du Sénat aux fins de demander la caducité des ordonnances prises en Conseil des Ministres par le Président de la République. Quoi que «recevable»,  la démarche entreprise par Rivo Rakotovao en sa qualité de chef d’institution manque de cohérence, parce que les textes visés ne sont pas «susceptibles de remise en cause ; qu’en conséquence, ces ordonnances sont exemptées de ratification … » Puis, des Sénateurs formant le quart des membres composant le Sénat ont saisi la Haute Cour Constitutionnelle aux fins de déclaration d’inconstitutionnalité de la loi n°2020-012 adoptée par l’Assemblée Nationale le 1er septembre 2020, transmise au Sénat le 2 septembre 2020 et portant ratification de l’ordonnance n°2010-002 du 15 mai 2019, de celle n°2019-006 du 28 mai 2019 et de celle n°2019-009 du 15 juillet 2019 ;… » Réponse prévisible de la Haute Cour Constitutionnelle, étant donné la conformité de la loi déférée à la Constitution, ladite demande est «régulière et recevable(…) la requête des 19 Sénateurs est rejetée comme non fondée… ; » Une autre fois encore, par lettre en date du 15 septembre 2020, le Président du Sénat saisit la Haute Cour Constitutionnelle aux fins de déclaration d’inconstitutionnalité du décret n° 2020-1110 du 09 septembre 2020 portant convocation du collège électoral pour les élections sénatoriales du 11 décembre 2020. Comme il fallait s’y attendre, par le n°17-HCC/D3 du 16 octobre 2020, les juges d’Ambohidahy se sont prononcé sur l’obligation constitutionnelle de renouveler le Sénat, vu le caractère proche de la fin du mandat des Sénateurs. » Ce faisant, ils se basent sur la théorie de la représentation, « l’élu n’est, en aucune façon, propriétaire de son mandat, dont il n’est que le dépositaire temporaire ; qu’à son terme normal, le mandat est remis en jeu par l’organisation de nouvelles élections ; que la non prorogation d’un mandat parlementaire est un principe fondamental de la démocratie représentative ; que, dans la pratique démocratique, un mandat parlementaire ne peut être prorogé qu’en temps de guerre, d’invasion ou d’insurrection »…Le pays tout entier se trouve ainsi devant un flagrant refus de tourner la page de l’histoire par une certaine classe politique aveuglée par l’avidité opportuniste et ploutocratique. C’est pour cette raison qu’il y a lieu d’inciter les dirigeants actuels à faire preuve de vigilance et de méfiance parce que les observateurs lucides ont tous cette «mauvaise impression » que Rivo Rakotovao et ses sbires, sur ordre de Rajao, sont prêts à miser une prorogation de leur mandat en cas «d’insurrection» organisée et programmée pour…

 

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